Un écart de salaire qui varie fortement d'un département à l'autre

En France, l'écart de salaire net moyen entre femmes et hommes s'établit autour de 12,7 % en 2023. Mais cette moyenne nationale masque de très grandes disparités selon les territoires : dans certains départements, l'écart dépasse les 20 %, tandis que dans d'autres il tombe sous les 5 %. La carte ci-dessous permet d'explorer cette réalité département par département.

Carte interactive (chargement…)

Écart de salaire net moyen femmes-hommes : (hommes − femmes) ÷ hommes — INSEE 2023.

8 départements les plus élevés

Territoire de Belfort
21,0 %
Yvelines
20,1 %
Haut-Rhin
17,3 %
Paris
16,8 %
Doubs
16,6 %
Moselle
16,6 %
Saône-et-Loire
16,6 %
Isère
16,5 %

8 départements les plus bas

La Réunion
4,9 %
Creuse
5,9 %
Seine-Saint-Denis
6,6 %
Guadeloupe
7,0 %
Lozère
7,0 %
Val-de-Marne
7,1 %
Guyane
7,4 %
Hautes-Alpes
7,5 %
Tableau complet des 100 départements
RangDépartementÉcart F/H
1Territoire de Belfort (90)21,0 %
2Yvelines (78)20,1 %
3Haut-Rhin (68)17,3 %
4Paris (75)16,8 %
5Doubs (25)16,6 %
6Moselle (57)16,6 %
7Saône-et-Loire (71)16,6 %
8Isère (38)16,5 %
9Ain (01)16,5 %
10Jura (39)16,4 %
11Haute-Garonne (31)15,9 %
12Seine-Maritime (76)15,9 %
13Ardennes (08)15,8 %
14Bouches-du-Rhône (13)15,6 %
15Charente (16)15,6 %
16Hauts-de-Seine (92)15,6 %
17Drôme (26)15,5 %
18Manche (50)15,4 %
19Bas-Rhin (67)15,2 %
20Aube (10)15,1 %
21Alpes-Maritimes (06)15,1 %
22Loire (42)15,0 %
23Loire-Atlantique (44)15,0 %
24Cher (18)14,9 %
25Savoie (73)14,8 %
26Haute-Marne (52)14,7 %
27Pyrénées-Atlantiques (64)14,6 %
28Meuse (55)14,4 %
29Mayenne (53)14,3 %
30Pas-de-Calais (62)14,3 %
31Somme (80)14,3 %
32Vosges (88)14,3 %
33Ille-et-Vilaine (35)14,2 %
34Marne (51)14,2 %
35Rhône (69)13,9 %
36Ardèche (07)13,9 %
37Gironde (33)13,8 %
38Haute-Savoie (74)13,7 %
39Nord (59)13,6 %
40Yonne (89)13,6 %
41Finistère (29)13,5 %
42Maine-et-Loire (49)13,5 %
43Vendée (85)13,5 %
44Indre-et-Loire (37)13,3 %
45Loir-et-Cher (41)13,3 %
46Oise (60)13,3 %
47Puy-de-Dôme (63)13,3 %
48Aisne (02)13,2 %
49Gard (30)13,0 %
50Vienne (86)13,0 %
51Meurthe-et-Moselle (54)12,9 %
52Côte-d'Or (21)12,7 %
53Eure (27)12,7 %
54Hautes-Pyrénées (65)12,7 %
55Morbihan (56)12,6 %
56Sarthe (72)12,6 %
57Loiret (45)12,5 %
58Essonne (91)12,4 %
59Ariège (09)12,4 %
60Landes (40)12,3 %
61Haute-Loire (43)12,1 %
62Nièvre (58)12,1 %
63Orne (61)12,0 %
64Tarn-et-Garonne (82)11,9 %
65Calvados (14)11,8 %
66Haute-Saône (70)11,8 %
67Vaucluse (84)11,8 %
68Allier (03)11,7 %
69Eure-et-Loir (28)11,6 %
70Lot (46)11,5 %
71Côtes-d'Armor (22)11,2 %
72Hérault (34)11,1 %
73Indre (36)11,1 %
74Corse-du-Sud (2A)11,1 %
75Aveyron (12)11,0 %
76Charente-Maritime (17)11,0 %
77Var (83)11,0 %
78Corrèze (19)10,9 %
79Seine-et-Marne (77)10,7 %
80Pyrénées-Orientales (66)10,4 %
81Lot-et-Garonne (47)10,3 %
82Haute-Vienne (87)10,3 %
83Tarn (81)9,8 %
84Haute-Corse (2B)9,7 %
85Cantal (15)9,5 %
86Dordogne (24)9,4 %
87Aude (11)9,3 %
88Alpes-de-Haute-Provence (04)9,3 %
89Val-d'Oise (95)8,9 %
90Martinique (972)8,4 %
91Gers (32)7,7 %
92Deux-Sèvres (79)7,7 %
93Hautes-Alpes (05)7,5 %
94Guyane (973)7,4 %
95Val-de-Marne (94)7,1 %
96Lozère (48)7,0 %
97Guadeloupe (971)7,0 %
98Seine-Saint-Denis (93)6,6 %
99Creuse (23)5,9 %
100La Réunion (974)4,9 %

Ce que montre la carte

Les écarts les plus marqués se concentrent dans quelques départements. Le Territoire de Belfort affiche le différentiel le plus élevé avec 21,0 %, suivi des Yvelines à 20,1 % et du Haut-Rhin à 17,3 %. Ces niveaux élevés s'expliquent souvent par la structure économique locale : présence de secteurs industriels ou de cadres très rémunérés où les hommes sont surreprésentés, ou au contraire forte concentration de postes féminins moins bien payés. Dans un territoire comme les Yvelines, la coexistence d'emplois de cadres masculins très qualifiés et d'emplois féminins plus modestes creuse mécaniquement l'écart moyen.

À l'inverse, les écarts les plus faibles s'observent en Seine-Saint-Denis (6,6 %), dans la Creuse (5,9 %) et à La Réunion (4,9 %). Ces départements partagent souvent une plus grande homogénéité des niveaux de rémunération : moins de très hauts salaires, davantage d'emplois publics ou de services où les grilles salariales laissent moins de place aux écarts. Un faible écart ne signifie pas pour autant une meilleure rémunération globale : il peut simplement refléter un marché du travail où les salaires, hommes et femmes confondus, sont plus resserrés vers le bas.

Pour le détail de chaque département, survolez la carte ou consultez le tableau associé.

Les 10 départements les plus inégalitaires

RangDépartementÉcart F-H
1Territoire de Belfort21,0 %
2Yvelines20,1 %
3Haut-Rhin17,3 %
4Paris16,8 %
5Moselle16,6 %
5Saône-et-Loire16,6 %
5Doubs16,6 %
8Ain16,5 %
8Isère16,5 %
10Jura16,4 %
1DépartementTerritoire de Belfort
Écart F-H21,0 %
2DépartementYvelines
Écart F-H20,1 %
3DépartementHaut-Rhin
Écart F-H17,3 %
4DépartementParis
Écart F-H16,8 %
5DépartementMoselle
Écart F-H16,6 %
5DépartementSaône-et-Loire
Écart F-H16,6 %
5DépartementDoubs
Écart F-H16,6 %
8DépartementAin
Écart F-H16,5 %
8DépartementIsère
Écart F-H16,5 %
10DépartementJura
Écart F-H16,4 %

Les 10 départements les plus égalitaires

RangDépartementÉcart F-H
1La Réunion4,9 %
2Creuse5,9 %
3Seine-Saint-Denis6,6 %
4Lozère7,0 %
4Guadeloupe7,0 %
6Val-de-Marne7,1 %
7Guyane7,4 %
8Hautes-Alpes7,5 %
9Gers7,7 %
9Deux-Sèvres7,7 %
1DépartementLa Réunion
Écart F-H4,9 %
2DépartementCreuse
Écart F-H5,9 %
3DépartementSeine-Saint-Denis
Écart F-H6,6 %
4DépartementLozère
Écart F-H7,0 %
4DépartementGuadeloupe
Écart F-H7,0 %
6DépartementVal-de-Marne
Écart F-H7,1 %
7DépartementGuyane
Écart F-H7,4 %
8DépartementHautes-Alpes
Écart F-H7,5 %
9DépartementGers
Écart F-H7,7 %
9DépartementDeux-Sèvres
Écart F-H7,7 %

On lit ici un rapport du simple au quadruple entre les deux extrêmes : 4,9 % à La Réunion contre 21,0 % dans le Territoire de Belfort. Cette amplitude n'est pas anecdotique — elle confirme que l'écart femmes-hommes n'est pas une donnée nationale homogène, mais le produit de structures économiques locales très différentes.

Une lecture par grandes régions

Les départements de l'Est industriel (Haut-Rhin, Moselle, Doubs, Jura, Territoire de Belfort) concentrent les écarts les plus forts. La présence d'une industrie manufacturière et métallurgique historiquement masculine, mieux rémunérée, y tire l'écart vers le haut. À l'inverse, les régions ultramarines (La Réunion, Guadeloupe, Guyane, Martinique) affichent les écarts les plus contenus, en partie parce que l'emploi public y pèse lourd et que les grilles indiciaires de la fonction publique laissent peu de place aux écarts de rémunération entre femmes et hommes à poste identique.

L'Île-de-France illustre à elle seule tout le paradoxe de cet indicateur : Paris (16,8 %) et les Yvelines (20,1 %) figurent parmi les plus inégalitaires, alors que la Seine-Saint-Denis (6,6 %) et le Val-de-Marne (7,1 %) sont parmi les plus égalitaires. Dans un même bassin d'emploi, la coexistence de sièges sociaux concentrant des cadres dirigeants masculins très bien payés (ouest francilien) et de territoires aux salaires plus resserrés (est francilien) suffit à inverser totalement le classement. Un faible écart n'y signifie donc pas une meilleure égalité « ressentie », mais souvent un marché du travail moins étiré vers le haut.

D'où vient cet écart ? Les causes structurelles

Un écart de salaire moyen ne tombe pas du ciel : il résulte de plusieurs mécanismes qui se cumulent, et qu'il faut distinguer pour comprendre la carte.

  • La ségrégation sectorielle — femmes et hommes ne se répartissent pas également entre les métiers. Les secteurs très masculins (industrie, BTP, ingénierie, finance de marché) paient souvent mieux que des secteurs très féminisés (soin, éducation, services à la personne). Un département industriel creuse mécaniquement l'écart moyen.
  • Le plafond de verre — à secteur et diplôme comparables, les femmes accèdent moins souvent aux postes les mieux rémunérés (direction, encadrement supérieur). Là où se concentrent les hauts salaires (Yvelines, départements de cadres), l'écart se nourrit de cette sous-représentation au sommet.
  • Le temps partiel — même neutralisé par l'équivalent temps plein dans ces statistiques, il pèse sur les carrières : interruptions, progressions ralenties, accès moindre aux primes liées à la disponibilité.

C'est pourquoi un fort écart ne signale pas forcément une « discrimination locale » plus grande, mais souvent une structure d'emplois qui combine beaucoup de très hauts salaires masculins et beaucoup d'emplois féminins plus modestes.

Que faire face à un écart constaté ?

Découvrir un écart, c'est bien ; savoir comment agir, c'est mieux. Plusieurs leviers existent côté salariée comme côté employeur :

  • Vérifier l'index égalité professionnelle de son entreprise : les sociétés d'au moins 50 salariés doivent le publier chaque année. Un score faible est un signal et un levier de discussion.
  • S'appuyer sur les négociations annuelles obligatoires (NAO), où l'égalité salariale doit être abordée dans les entreprises pourvues de représentants du personnel.
  • Documenter sa situation : comparer sa rémunération à celle de collègues à poste, ancienneté et responsabilités équivalents, pièces à l'appui, avant toute demande de revalorisation.
  • Connaître les voies de recours : en cas d'inégalité caractérisée à travail égal, des démarches existent (inspection du travail, conseil de prud'hommes, défenseur des droits).
💡 Avant d'agir, chiffrer l'écart précisUn écart « moyen départemental » ne prouve rien sur votre cas. Pour une demande de revalorisation, ce qui compte est l'écart à poste comparable, mesuré en euros. Comparez votre rémunération à la moyenne de votre métier avant d'ouvrir la discussion.
Mesurer mon écart à poste comparable

Comparez votre salaire net à la moyenne de votre métier et de votre profil, en euros et en pourcentage.

Calculer →

Comment lire et interpréter ces chiffres

L'écart est calculé selon la formule (salaire des hommes − salaire des femmes) ÷ salaire des hommes. Un écart de 12,7 % signifie donc que, en moyenne, le salaire net des femmes est inférieur de 12,7 % à celui des hommes dans le périmètre mesuré.

📌 Une clé de lecture honnêteCe chiffre est une moyenne globale, pas une mesure « à travail égal ». Il agrège tous les salariés du privé sans distinguer le métier, le niveau de poste, l'expérience ou le temps partiel converti en équivalent temps plein. Une partie de l'écart s'explique par des différences de structure d'emploi (femmes plus présentes dans certains secteurs, hommes dans d'autres), et une autre partie par des écarts à poste comparable. La carte montre une photographie territoriale, pas une explication des causes.

Questions fréquentes

Comment se situe mon secteur dans mon département ?

La carte donne un écart agrégé, tous secteurs confondus. Or, dans un même département, l'écart peut être quasi nul dans l'administration ou la santé publique (grilles indiciaires) et très élevé dans la finance, l'ingénierie ou le commerce où les primes individuelles et les postes de direction creusent les différences. La donnée départementale ne permet donc pas de déduire votre situation sectorielle : un écart départemental de 8 % peut masquer un écart de 20 % dans votre branche. Pour une lecture pertinente, comparez votre rémunération à celle de votre métier et de votre niveau de poste, pas à la moyenne du territoire.

Pourquoi un département riche peut-il afficher un fort écart ?

C'est contre-intuitif, mais logique : plus un territoire concentre de très hauts salaires (sièges sociaux, cadres dirigeants, professions financières), plus il offre d'occasions de creuser l'écart, car ces postes les mieux payés restent majoritairement occupés par des hommes. Les Yvelines ou Paris en sont l'illustration. À l'opposé, un département où les salaires sont globalement plus modestes et resserrés (peu de très hautes rémunérations) mécaniquement un écart plus faible — sans que cela traduise une politique d'égalité plus avancée. L'écart mesure une dispersion, pas une justice salariale.

Méthode, source et limites

Les données proviennent de la base INSEE « Tous salariés » 2023. L'indicateur retenu est le salaire net en équivalent temps plein (EQTP) dans le secteur privé. L'équivalent temps plein permet de neutraliser l'effet du temps partiel, plus fréquent chez les femmes, afin de comparer des rémunérations sur une base homogène.

Plusieurs limites doivent être gardées à l'esprit. D'abord, il s'agit d'une moyenne : elle ne dit rien des situations individuelles ni de l'écart « à poste et compétences strictement identiques », qui est généralement plus faible que l'écart brut. Ensuite, le périmètre exclut une partie de l'emploi public et certaines catégories de travailleurs. Enfin, l'indicateur porte sur le salaire net avant fiscalité personnelle : il ne reflète pas le revenu disponible final des ménages, qui dépend aussi de la composition du foyer et de l'impôt.

En résumé, cette carte est un outil de repérage des disparités territoriales, utile pour situer son département, mais qui ne remplace pas une analyse détaillée des causes de l'écart.

Aller plus loin

Comparer deux salaires

Situez votre rémunération nette par rapport à une autre et mesurez l'écart en euros et en pourcentage.

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Salaire moyen dans ma ville

Découvrez le niveau de salaire moyen pratiqué dans votre commune ou votre territoire.

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Source : INSEE, base « Tous salariés » 2023 (salaire net en équivalent temps plein, secteur privé). Chiffres indicatifs : il s'agit de moyennes départementales qui ne mesurent pas l'écart à poste et compétences identiques.