Comment se calculent les cotisations en micro-entreprise ?
Le régime auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) repose sur un principe simple : vos cotisations sociales sont un pourcentage fixe de votre chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de charges. Pas de CA, pas de cotisations — c'est l'atout majeur face aux statuts traditionnels (EI au réel, SASU, SARL) qui imposent souvent un forfait minimum même en cas d'inactivité. Vous déclarez votre CA à l'URSSAF, qui applique le taux correspondant à votre activité et vous prélève le montant dû.
Le taux dépend de la nature de l'activité : vente de marchandises, prestation de services artisanale ou commerciale (BIC), ou profession libérale (BNC (bénéfices non commerciaux, le régime des professions libérales), affiliée à la CIPAV ou au régime général). Ces taux sont globaux : ils couvrent maladie-maternité, retraite de base, retraite complémentaire, allocations familiales, invalidité-décès, CSG-CRDS et la contribution à la formation professionnelle (0,1 % à 0,3 % selon l'activité). À ces cotisations s'ajoutent, en dehors de la simulation de base, la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises, ~200–500 €/an pour la majorité) et, au-delà des seuils de franchise, la TVA.
Taux de cotisations URSSAF 2026 par activité
| Activité | Taux de cotisations 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises / hébergement (BIC achat-revente) | 12,3 % |
| Prestations de services BIC (artisanat, services commerciaux) | 21,2 % |
| Professions libérales CIPAV (architectes, consultants…) | 23,1 % |
| Professions libérales URSSAF (régime général) | 23,2 % |
Concrètement, un prestataire de services BIC qui encaisse 1 000 € reverse 212 € de cotisations et conserve 788 € de revenu avant impôt. Le calcul est donc immédiat et prévisible, ce qui fait du régime un point d'entrée idéal pour tester une activité.
Camille, consultante libérale à 40 000 € de CA
Camille, 34 ans, lance une activité de conseil en profession libérale (régime CIPAV, taux 23,1 %). Elle vise un chiffre d'affaires annuel de 40 000 €. Voici l'impact de l'ACRE (exonération de 50 % des cotisations la première année) sur son revenu net :
| 1ère année (avec ACRE) | À partir de la 2e année | |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 40 000 € | 40 000 € |
| Taux appliqué | 11,55 % (23,1 % ÷ 2) | 23,1 % |
| Cotisations sociales | 4 620 € | 9 240 € |
| Revenu net (avant IR) | 35 380 € | 30 760 € |
Chiffre d'affaires1ère année (avec ACRE)40 000 €
Taux appliqué1ère année (avec ACRE)11,55 % (23,1 % ÷ 2)
Cotisations sociales1ère année (avec ACRE)4 620 €
Revenu net (avant IR)1ère année (avec ACRE)35 380 €
La première année, l'ACRE lui fait économiser 4 620 € de cotisations. À titre de comparaison, sur le même CA de 40 000 €, un vendeur de marchandises (12,3 %) paierait 4 920 € et garderait 35 080 €, tandis qu'un prestataire de services BIC (21,2 %) paierait 8 480 € pour un net de 31 520 €. Le secteur d'activité change donc fortement le revenu disponible.
Plafonds de CA, franchise de TVA et versement libératoire
Trois paramètres déterminent ce que vous gardez réellement et la simplicité de votre gestion.
Plafonds de chiffre d'affaires (pour rester en micro-entreprise, inchangés depuis 2023) :
- 188 700 € pour la vente de marchandises et l'hébergement
- 77 700 € pour les prestations de services et professions libérales
Si vous dépassez ces seuils deux années consécutives, vous basculez au régime réel l'année suivante.
Franchise en base de TVA (après la suspension de la réforme à 25 000 €, seuils 2026 maintenus) :
- 91 900 € (vente de marchandises) — seuil de tolérance majoré à 101 000 €
- 36 800 € (prestations de services) — seuil de tolérance majoré à 39 100 €
Sous ces seuils, vous ne facturez pas de TVA et n'avez rien à reverser. Au-delà, vous devez facturer la TVA (20 %, 10 % ou 5,5 % selon les cas) et la reverser à l'État, en perdant une partie de la simplicité du régime.
Versement libératoire de l'IR (VFL) — payer son impôt en même temps que ses cotisations :
- 1 % pour les ventes de marchandises
- 1,7 % pour les prestations de services BIC
- 2,2 % pour les professions libérales
Cette option est intéressante si votre TMI (tranche marginale d'imposition) dépasse ces taux après abattement. Elle est réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence N-2 ne dépasse pas 28 797 € par part de quotient familial, et doit être levée avant le 30 septembre N-1. À titre indicatif et selon le profil, le VFL devient avantageux à partir d'un certain niveau de revenu imposable du foyer.
Démarches, déclaration et optimisation
- Créer votre micro-entreprise : déclaration de début d'activité en ligne (guichet unique INPI). L'ACRE est accordée automatiquement aux créateurs éligibles (demandeurs d'emploi indemnisés ou non, jeunes 18-25 ans, bénéficiaires RSA/ASS, créateurs en zone QPV) lors de cette déclaration — aucune démarche supplémentaire n'est nécessaire.
- Choisir la périodicité de déclaration (mensuelle ou trimestrielle) dès l'inscription. La déclaration mensuelle lisse les cotisations et facilite la trésorerie ; la trimestrielle convient mieux aux activités saisonnières. Dans tous les cas, déclarez votre CA même s'il est nul (déclaration « zéro »).
- Déclarer et payer votre CA sur autoentrepreneur.urssaf.fr à chaque échéance. Le prélèvement des cotisations (et de l'IR si VFL) suit automatiquement.
- Surveiller vos droits retraite : pour valider 4 trimestres en 2026, déclarez au moins ~6 762 € de CA en vente ou ~3 924 € en services. En dessous, vous validez moins de trimestres pour l'année.
- Anticiper les seuils : approche d'un plafond de TVA ou de CA ? Préparez le passage à la TVA ou au régime réel pour éviter la régularisation surprise.
Leviers d'optimisation indicatifs, selon le profil :
- Optez pour le VFL uniquement si votre TMI dépasse le taux libératoire de votre activité après abattement — sinon vous payez de l'impôt que vous n'auriez pas dû.
- Cumulez salariat et micro-entreprise : c'est autorisé (sauf clause d'exclusivité), les revenus s'additionnent pour l'IR et ouvrent des droits retraite distincts. Vérifiez votre contrat (loyauté, non-concurrence).
- Provisionnez la CFE et la 2e année sans ACRE : mettez de côté chaque mois pour ne pas être surpris par le doublement des cotisations et la première CFE (souvent exonérée l'année de création).
- Simulez plusieurs scénarios de CA ci-dessus pour calibrer votre objectif annuel en fonction du revenu net visé.