PFU ou barème progressif : deux régimes au choix
Depuis 2018, lorsque vous percevez des dividendes (d'une SAS, d'une SARL ou d'un portefeuille d'actions), ils sont soumis par défaut au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU), aussi appelé « flat tax ». Il taxe vos dividendes à un taux global de 30 %, qui se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce prélèvement s'applique sur le montant brut des dividendes, sans abattement, et il est opéré à la source par votre établissement payeur : pour 10 000 € de dividendes bruts, 3 000 € partent à l'État et vous conservez 7 000 € nets.
Vous pouvez néanmoins opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Sur option globale et irrévocable pour l'année, il s'applique alors à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values, et vous fait bénéficier d'un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes avant application de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Les prélèvements sociaux de 17,2 %, eux, restent dus sur la totalité des dividendes bruts, sans abattement. Le bon choix dépend donc directement de votre TMI : plus elle est faible, plus le barème devient intéressant.
Comparaison des deux régimes 2026
| Élément | Flat tax (PFU) | Barème progressif |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % forfaitaire | TMI (après abattement 40 %) |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % sur le brut | 17,2 % sur le brut |
| Abattement de 40 % | Non | Oui |
| CSG déductible | Non | 6,8 % (année suivante) |
| Taux global minimum | 30 % | Variable selon TMI |
Impôt sur le revenuFlat tax (PFU)12,8 % forfaitaire
Prélèvements sociauxFlat tax (PFU)17,2 % sur le brut
Abattement de 40 %Flat tax (PFU)Non
CSG déductibleFlat tax (PFU)Non
Taux global minimumFlat tax (PFU)30 %
Exemple chiffré : Camille, dirigeante de SAS
Camille, 41 ans, se verse 10 000 € de dividendes depuis sa SAS. Sa TMI est de 11 %. Elle hésite entre la flat tax et le barème progressif. Voici la comparaison des deux options sur la base des taux 2026.
| Poste | Flat tax (PFU) | Barème progressif (TMI 11 %) |
|---|---|---|
| Dividendes bruts | 10 000 € | 10 000 € |
| Base imposable à l'IR | 10 000 € | 6 000 € (après abattement 40 %) |
| Impôt sur le revenu | 1 280 € (12,8 %) | 660 € (11 % de 6 000 €) |
| Prélèvements sociaux | 1 720 € (17,2 %) | 1 720 € (17,2 %) |
| Total prélèvements | 3 000 € | 2 380 € |
| Net perçu (indicatif) | 7 000 € | 7 620 € |
Dividendes brutsFlat tax (PFU)10 000 €
Base imposable à l'IRFlat tax (PFU)10 000 €
Impôt sur le revenuFlat tax (PFU)1 280 € (12,8 %)
Prélèvements sociauxFlat tax (PFU)1 720 € (17,2 %)
Total prélèvementsFlat tax (PFU)3 000 €
Net perçu (indicatif)Flat tax (PFU)7 000 €
Dans le cas de Camille, le barème progressif lui fait économiser environ 620 € par rapport à la flat tax, sans même compter la CSG déductible qui réduira encore son impôt l'année suivante. Le résultat s'inverserait si sa TMI était de 30 % : sur 10 000 € de dividendes, le PFU coûterait 3 000 € (net 7 000 €) tandis que le barème reviendrait à environ 3 316 € (net 6 684 €), la flat tax redevenant alors plus avantageuse.
Abattement, prélèvements sociaux et points clés
Plusieurs mécanismes peuvent faire pencher la balance d'un régime à l'autre. Les retenir évite les mauvaises surprises au moment de la déclaration.
- Abattement de 40 % réservé au barème : il ne réduit que la base soumise à l'impôt sur le revenu (CGI art. 158-3-2°). Pour 10 000 € de dividendes, seuls 6 000 € sont soumis au barème. Cet abattement n'existe pas avec la flat tax.
- Prélèvements sociaux toujours dus à 17,2 % : quel que soit le régime choisi, ils s'appliquent sur la totalité des dividendes bruts. C'est le socle incompressible de l'imposition.
- CSG déductible avec le barème : 6,8 % de CSG deviennent déductibles de votre revenu imposable de l'année suivante. Combiné à l'abattement, la base réellement imposée à l'IR vaut environ 53,2 % du brut. Cet avantage, absent de la flat tax, renforce l'intérêt du barème pour les contribuables faiblement imposés.
- Seuil de bascule selon la TMI : à titre indicatif et selon le profil, le barème est généralement plus favorable jusqu'à une TMI de 11 %, l'équilibre se situe autour de 30 %, et au-delà (41 %, 45 %) la flat tax reprend l'avantage grâce à son taux d'impôt plafonné à 12,8 %.
- Cas particulier de la SARL à gérant majoritaire (TNS) : la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants est soumise aux cotisations sociales TNS (environ 45 %). C'est pourquoi la SASU/SAS, où les dividendes du président échappent à ces cotisations, est souvent préférée pour distribuer des dividendes.
Choisir son régime et déclarer ses dividendes
Pour arbitrer entre flat tax et barème et sécuriser votre déclaration, procédez par étapes.
- Estimez votre TMI : identifiez la tranche marginale à laquelle s'ajouteraient vos dividendes. C'est le critère déterminant. À 0 % ou 11 %, le barème est presque toujours gagnant ; à partir de 30 %, la flat tax l'emporte généralement.
- Simulez les deux options sur le montant réel de vos dividendes, en intégrant l'abattement de 40 % côté barème et la CSG déductible de l'année suivante. Le simulateur ci-dessus chiffre les deux scénarios en temps réel.
- Tenez compte de vos autres placements : l'option barème étant globale, additionnez tous vos revenus mobiliers et plus-values avant de trancher.
- Anticipez l'acompte d'IR de 12,8 % prélevé d'office à la source lors du versement. Si votre revenu fiscal de référence est inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple), vous pouvez demander la dispense de cet acompte avant le 30 novembre N-1.
- Déclarez vos dividendes en case 2DC, que le PFU ait déjà été prélevé ou non. Pour choisir le barème, cochez la case 2OP (option pour l'imposition au barème). Conservez votre IFU (imprimé fiscal unique) transmis par votre établissement payeur : il récapitule les montants à reporter et le prélèvement déjà opéré à la source.
En pratique, le PFU reste le choix par défaut et le plus simple ; le barème ne se justifie que si votre simulation montre un gain net. Refaites l'exercice chaque année, car votre TMI et le montant de vos dividendes peuvent évoluer.