Remplacez les zones entre [crochets] par vos informations. Envoyez en recommandé avec AR pour les démarches officielles.
[Prénom NOM du propriétaire] [Adresse du propriétaire] [Code postal Ville] [Ville], le [Date] À [Prénom NOM du locataire] [Adresse du bien loué] [Code postal Ville] Lettre recommandée avec accusé de réception (ou acte d'huissier) Objet : Congé pour vendre — [Adresse exacte du bien] Madame, Monsieur, Propriétaire du logement que vous occupez sis [adresse complète du bien], je vous informe par la présente, conformément à l'article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, de mon intention de vendre ce bien à l'expiration de votre bail. En conséquence, je vous donne congé pour le [Date de fin de bail], soit 6 mois à compter de la réception de la présente. Le logement est proposé à la vente au prix de [Montant] €, [avec / sans] les conditions suivantes : [précisez si applicable — parking inclus, cave incluse, etc.]. Conformément à la loi, vous bénéficiez d'un DROIT DE PRÉEMPTION. Vous pouvez acquérir ce bien en priorité, aux prix et conditions indiqués ci-dessus, dans un délai de : - 2 mois à compter de la réception du présent congé si vous n'avez pas recours à un financement - 4 mois si vous sollicitez un prêt immobilier Pour exercer ce droit, vous devrez m'adresser une réponse par lettre recommandée avec AR dans ce délai. L'absence de réponse dans le délai imparti vaut renonciation à votre droit de préemption. Passé ce délai, vous disposez jusqu'à la date de fin de bail pour libérer les lieux. [Signature] [Prénom NOM]
Comment utiliser ce modèle ?
Le congé pour vendre est la procédure par laquelle un propriétaire-bailleur notifie à son locataire la fin du bail afin de récupérer le logement et de le mettre en vente libre. Régi par l'article 15 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, il obéit à un formalisme strict dont le moindre manquement entraîne la nullité du congé : le bailleur doit alors attendre la prochaine échéance triennale (ou annuelle en meublé) pour recommencer. Le délai de préavis est de 6 mois avant la date d'échéance du bail pour une location vide, et de 3 mois pour une location meublée. Concrètement, si votre bail nu expire le 30 juin 2026, le congé doit être réceptionné par le locataire au plus tard le 31 décembre 2025 : c'est la date de réception (et non d'envoi) qui fait foi, d'où l'intérêt d'anticiper de plusieurs semaines.
Le cœur du dispositif est le droit de préemption du locataire : pendant les deux premiers mois du préavis, il est prioritaire pour acheter le logement au prix et aux conditions figurant dans le congé. La lettre vaut offre de vente et doit impérativement reproduire les cinq premiers alinéas du I de l'article 15-II de la loi, indiquer le prix, le descriptif du bien et les conditions de la vente, sous peine de nullité. Si le locataire renonce ou ne répond pas dans le délai (2 mois sans financement, 4 mois avec recours à un prêt), le bailleur retrouve sa liberté de vendre à un tiers. Mais attention : si le bien est ensuite cédé à un prix inférieur ou à des conditions plus avantageuses, un second congé (purge) doit être notifié au locataire, qui dispose d'un nouveau droit de préemption au prix révisé. Enfin, le locataire âgé de plus de 65 ans aux ressources modestes bénéficie d'une protection renforcée : le congé lui est inopposable sauf relogement adapté à proximité, sauf si le bailleur est lui-même âgé ou modeste. Un congé délivré sans intention réelle de vendre, ou à un prix manifestement surévalué pour décourager la préemption, constitue une fraude sanctionnable par les tribunaux (annulation et dommages-intérêts).
Conseils pratiques
- Le délai de 6 mois (location vide) ou 3 mois (meublée) court avant l'échéance du bail et se compte à partir de la réception du courrier — postez avec 3 à 4 semaines de marge.
- Reproduisez intégralement le prix, le descriptif du bien et les conditions de vente : une offre incomplète prive le locataire d'une préemption éclairée et fait tomber le congé.
- Envoyez en recommandé avec AR OU par acte de commissaire de justice (ex-huissier) — la loi n'accepte que ces deux modes ; un simple email ou une remise en main propre sont nuls.
- Le locataire a 2 mois pour exercer son droit de préemption, ou 4 mois s'il déclare recourir à un prêt immobilier ; l'absence de réponse dans ce délai vaut renonciation.
- Si vous baissez ensuite le prix pour vendre à un tiers, vous devez purger à nouveau le droit de préemption : notifiez le nouveau prix au locataire, qui redevient prioritaire.
- Vérifiez l'âge et les ressources du locataire : au-delà de 65 ans avec des revenus sous le plafond légal, vous devez proposer un relogement adapté, sauf à être vous-même âgé ou modeste.
- Ne fixez jamais un prix artificiellement élevé pour décourager la préemption : ce détournement de procédure est requalifié en congé frauduleux et expose à des dommages-intérêts.
- En bail meublé, le préavis tombe à 3 mois mais le droit de préemption disparaît : le locataire meublé n'a pas la priorité d'achat prévue par l'article 15 (réservée au bail nu).