L'emploi de l'ESS, un poids très inégal selon les territoires

L'économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les associations, coopératives, mutuelles et fondations. Au niveau national, elle représente environ 12,6 % des effectifs salariés, soit un emploi sur huit. Mais cette moyenne masque de fortes disparités : dans certains départements, l'ESS pèse plus de trois fois plus que dans d'autres.

La carte ci-dessous permet de visualiser, département par département, la part des salariés relevant de l'ESS. Survolez votre territoire pour comparer sa situation à la moyenne nationale.

Carte interactive (chargement…)

Part des effectifs salariés relevant de l'économie sociale et solidaire — Observatoire ESS.

8 départements les plus élevés

Lozère
32,3 %
Deux-Sèvres
19,7 %
Creuse
19,2 %
Haute-Loire
19,1 %
Cantal
18,7 %
Nièvre
17,0 %
Haute-Saône
17,0 %
Tarn
16,6 %

8 départements les plus bas

Hauts-de-Seine
5,5 %
Corse-du-Sud
6,0 %
Seine-et-Marne
7,2 %
Seine-Saint-Denis
7,4 %
Val-d'Oise
7,8 %
Yvelines
8,0 %
Alpes-Maritimes
8,7 %
Essonne
8,7 %
Tableau complet des 100 départements
RangDépartementPart de l'emploi ESS
1Lozère (48)32,3 %
2Deux-Sèvres (79)19,7 %
3Creuse (23)19,2 %
4Haute-Loire (43)19,1 %
5Cantal (15)18,7 %
6Nièvre (58)17,0 %
7Haute-Saône (70)17,0 %
8Tarn (81)16,6 %
9Aveyron (12)16,5 %
10Ardèche (07)16,2 %
11Hautes-Alpes (05)16,1 %
12Finistère (29)15,6 %
13Orne (61)15,6 %
14Meurthe-et-Moselle (54)15,5 %
15Hautes-Pyrénées (65)15,4 %
16Ariège (09)15,3 %
17Meuse (55)15,1 %
18Lot (46)15,0 %
19Maine-et-Loire (49)15,0 %
20Vienne (86)15,0 %
21Gers (32)14,8 %
22Martinique (972)14,8 %
23Côtes-d'Armor (22)14,7 %
24La Réunion (974)14,6 %
25Haut-Rhin (68)14,1 %
26Aude (11)13,9 %
27Doubs (25)13,8 %
28Moselle (57)13,8 %
29Guyane (973)13,7 %
30Haute-Vienne (87)13,6 %
31Allier (03)13,6 %
32Loire (42)13,4 %
33Pas-de-Calais (62)13,4 %
34Tarn-et-Garonne (82)13,0 %
35Dordogne (24)12,9 %
36Indre (36)12,9 %
37Territoire de Belfort (90)12,9 %
38Guadeloupe (971)12,9 %
39Calvados (14)12,8 %
40Côte-d'Or (21)12,8 %
41Indre-et-Loire (37)12,8 %
42Lot-et-Garonne (47)12,8 %
43Manche (50)12,8 %
44Aisne (02)12,8 %
45Jura (39)12,5 %
46Pyrénées-Atlantiques (64)12,5 %
47Charente (16)12,3 %
48Haute-Marne (52)12,3 %
49Nord (59)12,3 %
50Vosges (88)12,3 %
51Charente-Maritime (17)12,2 %
52Aube (10)12,1 %
53Morbihan (56)12,1 %
54Alpes-de-Haute-Provence (04)12,1 %
55Gard (30)12,0 %
56Ille-et-Vilaine (35)12,0 %
57Loire-Atlantique (44)12,0 %
58Ardennes (08)12,0 %
59Drôme (26)11,7 %
60Pyrénées-Orientales (66)11,7 %
61Corrèze (19)11,6 %
62Hérault (34)11,6 %
63Puy-de-Dôme (63)11,3 %
64Sarthe (72)11,2 %
65Ain (01)11,2 %
66Bas-Rhin (67)11,1 %
67Somme (80)11,1 %
68Gironde (33)11,0 %
69Marne (51)11,0 %
70Mayenne (53)11,0 %
71Bouches-du-Rhône (13)10,9 %
72Cher (18)10,9 %
73Loir-et-Cher (41)10,9 %
74Saône-et-Loire (71)10,8 %
75Vaucluse (84)10,8 %
76Vendée (85)10,8 %
77Paris (75)10,7 %
78Seine-Maritime (76)10,7 %
79Yonne (89)10,7 %
80Landes (40)10,6 %
81Oise (60)10,3 %
82Rhône (69)10,3 %
83Var (83)10,3 %
84Isère (38)10,2 %
85Eure-et-Loir (28)9,7 %
86Loiret (45)9,7 %
87Savoie (73)9,7 %
88Haute-Savoie (74)9,5 %
89Haute-Garonne (31)9,2 %
90Val-de-Marne (94)9,2 %
91Haute-Corse (2B)9,2 %
92Eure (27)8,8 %
93Essonne (91)8,7 %
94Alpes-Maritimes (06)8,7 %
95Yvelines (78)8,0 %
96Val-d'Oise (95)7,8 %
97Seine-Saint-Denis (93)7,4 %
98Seine-et-Marne (77)7,2 %
99Corse-du-Sud (2A)6,0 %
100Hauts-de-Seine (92)5,5 %

Ce que montre la carte

Le contraste entre territoires est saisissant. En tête, la Lozère affiche une part record de 32,3 % des effectifs salariés relevant de l'ESS : un emploi sur trois. Viennent ensuite les Deux-Sèvres avec 19,7 % et la Creuse avec 19,2 %. Ces départements ruraux et peu denses doivent une large part de leur emploi au tissu associatif, au secteur sanitaire et social et aux structures mutualistes, qui prennent le relais là où l'emploi marchand privé est plus rare.

À l'autre extrémité, les départements très urbains et fortement tertiaires affichent les parts les plus faibles. La Seine-et-Marne se situe à 7,2 %, la Corse-du-Sud à 6,0 % et les Hauts-de-Seine ferment la marche avec 5,5 %. Dans ces territoires, l'emploi est dominé par les grandes entreprises privées, les sièges sociaux et les activités de services marchands, ce qui mécaniquement réduit le poids relatif de l'ESS, même si celle-ci y reste présente en nombre d'emplois.

Cette géographie illustre une règle simple : plus un département est dense, marchand et concentré en sièges d'entreprises, plus la part de l'ESS tend à être faible. Inversement, les territoires ruraux s'appuient davantage sur l'économie sociale pour maintenir l'emploi local.

Classement : où l'ESS pèse le plus et le moins

Pour rendre la géographie lisible sans dépendre de la carte, voici le classement des départements aux deux extrémités, en part des effectifs salariés relevant de l'ESS (données Observatoire national de l'ESS, 2024).

Top 10 — ESS la plus présentePartBas 10 — ESS la moins présentePart
Lozère (48)32,3 %Hauts-de-Seine (92)5,5 %
Deux-Sèvres (79)19,7 %Corse-du-Sud (2A)6,0 %
Creuse (23)19,2 %Seine-et-Marne (77)7,2 %
Haute-Loire (43)19,1 %Seine-Saint-Denis (93)7,4 %
Cantal (15)18,7 %Val-d'Oise (95)7,8 %
Nièvre (58)17,0 %Yvelines (78)8,0 %
Haute-Saône (70)17,0 %Alpes-Maritimes (06)8,7 %
Tarn (81)16,6 %Essonne (91)8,7 %
Aveyron (12)16,5 %Eure (27)8,8 %
Ardèche (07)16,2 %Haute-Corse (2B)9,2 %
Lozère (48)Part32,3 %
Bas 10 — ESS la moins présenteHauts-de-Seine (92)
Part5,5 %
Deux-Sèvres (79)Part19,7 %
Bas 10 — ESS la moins présenteCorse-du-Sud (2A)
Part6,0 %
Creuse (23)Part19,2 %
Bas 10 — ESS la moins présenteSeine-et-Marne (77)
Part7,2 %
Haute-Loire (43)Part19,1 %
Bas 10 — ESS la moins présenteSeine-Saint-Denis (93)
Part7,4 %
Cantal (15)Part18,7 %
Bas 10 — ESS la moins présenteVal-d'Oise (95)
Part7,8 %
Nièvre (58)Part17,0 %
Bas 10 — ESS la moins présenteYvelines (78)
Part8,0 %
Haute-Saône (70)Part17,0 %
Bas 10 — ESS la moins présenteAlpes-Maritimes (06)
Part8,7 %
Tarn (81)Part16,6 %
Bas 10 — ESS la moins présenteEssonne (91)
Part8,7 %
Aveyron (12)Part16,5 %
Bas 10 — ESS la moins présenteEure (27)
Part8,8 %
Ardèche (07)Part16,2 %
Bas 10 — ESS la moins présenteHaute-Corse (2B)
Part9,2 %

Le contraste est frappant : la Lozère (32,3 %) pèse près de six fois plus que les Hauts-de-Seine (5,5 %). On retrouve dans le haut du classement des départements ruraux du Massif central et de l'Ouest où l'emploi associatif et médico-social structure l'économie locale ; dans le bas, la couronne francilienne et les territoires fortement marchands, où l'ESS existe mais reste minoritaire face aux grandes entreprises et aux services.

Quels secteurs portent l'emploi de l'ESS ?

Si l'ESS pèse autant dans certains territoires, c'est qu'elle est massivement présente dans quelques grands secteurs d'activité, souvent là où l'utilité sociale prime sur la logique de marché :

  • Action sociale et médico-social — c'est le premier employeur de l'ESS : établissements pour personnes âgées, handicap, protection de l'enfance, aide à domicile. Beaucoup sont gérés par des associations.
  • Santé — cliniques mutualistes, centres de soins, services de prévention portés par des mutuelles.
  • Banque et assurance coopératives — réseaux mutualistes financiers, qui emploient dans tout le pays.
  • Sport, culture et loisirs — clubs, fédérations, structures d'éducation populaire, très majoritairement associatifs.
  • Enseignement et formation — organismes de formation, écoles associatives, insertion par l'activité économique.

Cette concentration explique la géographie observée : un département rural avec un fort maillage d'associations médico-sociales affichera une part d'ESS élevée, même sans grande entreprise marchande. À l'inverse, un territoire dominé par l'industrie ou les sièges sociaux verra l'ESS diluée dans la masse, même si elle y emploie en réalité beaucoup de monde.

Travailler dans l'ESS : par où commencer ?

L'ESS recrute dans des métiers très variés — du soin à la gestion, de l'animation à la comptabilité — et constitue un débouché concret, y compris pour qui cherche un emploi porteur de sens après une reconversion. Un enjeu structurel renforce ces débouchés : une part importante des salariés de l'ESS partira à la retraite dans les prochaines années, le secteur ayant une pyramide des âges plus vieillissante que la moyenne. Cela ouvre des perspectives de recrutement durables, particulièrement dans le médico-social et l'aide à la personne, secteurs en tension reconnus comme prioritaires par les pouvoirs publics. Pour les volumes précis de postes à pourvoir par métier, les enquêtes de France Travail (BMO — Besoins en main-d'œuvre) et les publications de la DARES font référence ; consultez-les pour cibler les métiers réellement porteurs près de chez vous.

Quelques repères pour s'orienter :

  • Identifier les employeurs locaux : les Chambres Régionales de l'ESS (CRESS) recensent les structures par territoire et publient des données d'emploi détaillées par bassin.
  • Cibler les bons réseaux : l'UDES (union des employeurs de l'ESS) et ESS France donnent à voir les branches qui recrutent et les conventions collectives applicables.
  • Repérer les métiers en tension : aide-soignant, accompagnant éducatif et social, aide à domicile, éducateur spécialisé figurent régulièrement parmi les métiers les plus recherchés du secteur — autant de portes d'entrée, y compris en reconversion via la VAE ou des formations courtes.
  • Chercher les offres : les plateformes d'emploi spécialisées dans l'associatif et le médico-social, en complément de France Travail.
  • Connaître ses droits : les rémunérations suivent des grilles de branche propres à l'ESS ; comparez-les au salaire moyen de votre secteur pour situer une offre.
💡 Un secteur qui n'est pas synonyme de bas salairesOn associe souvent l'ESS au bénévolat ou aux petits salaires. C'est une idée reçue : les postes qualifiés (encadrement médico-social, finance mutualiste, direction d'association) sont rémunérés selon des grilles comparables au privé classique. Avant d'accepter ou de refuser une offre, comparez-la objectivement au marché de votre métier.
Situer un salaire ESS face à mon métier

Une offre dans l'associatif ou le mutualisme est-elle bien payée ? Comparez-la à la moyenne de votre profil.

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Comment lire et interpréter la carte

📌 Une part relative, pas un volumeLa carte montre un pourcentage : la part de l'ESS dans l'emploi salarié total du département, pas le nombre d'emplois. Une part élevée signifie que l'ESS occupe une place importante dans l'économie locale, souvent parce que l'emploi marchand y est moins développé. Un faible pourcentage dans un grand département peut représenter, en valeur absolue, bien plus d'emplois ESS qu'une part élevée dans un petit département rural.

Pour interpréter correctement ces chiffres, gardez en tête la moyenne nationale de 12,6 % comme repère. Un département au-dessus de ce seuil s'appuie davantage que la moyenne sur l'économie sociale ; un département en dessous est plutôt orienté vers l'emploi marchand classique. Ni l'un ni l'autre n'est intrinsèquement « meilleur » : il s'agit de structures économiques différentes.

Méthode et limites de l'indicateur

Les données proviennent de l'Observatoire national de l'ESS, qui recense les effectifs salariés des associations, coopératives, mutuelles et fondations. L'indicateur rapporte ces effectifs à l'emploi salarié total de chaque département pour obtenir une part en pourcentage.

Plusieurs limites doivent être rappelées pour lire ces chiffres avec honnêteté :

  • Il s'agit d'une part relative : elle ne dit rien du niveau des salaires ni de la qualité des emplois concernés.
  • L'indicateur ne distingue pas les temps partiels des temps pleins, fréquents dans certaines branches associatives.
  • Les chiffres reflètent une photographie à un instant donné et peuvent évoluer selon la conjoncture locale.
  • La part de l'ESS ne préjuge pas du dynamisme global de l'emploi dans le département : un territoire peut avoir une forte part d'ESS et un marché du travail tendu, ou l'inverse.

En somme, cet indicateur éclaire la structure de l'emploi local, pas son niveau de rémunération ni son volume total.

Questions fréquentes sur l'emploi dans l'ESS

Faut-il un diplôme ou une formation particulière pour travailler dans l'ESS ? Pas nécessairement. L'ESS recouvre des métiers très divers, des fonctions support (comptabilité, RH, gestion, communication) aux métiers du soin et de l'accompagnement. Pour les fonctions transverses, les compétences sont les mêmes que dans une entreprise classique : c'est la culture et le projet de la structure qui changent. Pour les métiers réglementés du médico-social (aide-soignant, éducateur spécialisé, accompagnant éducatif et social), un diplôme d'État est requis, mais des voies d'accès souples existent : formations courtes, contrats d'apprentissage et validation des acquis de l'expérience (VAE), très utilisée dans le secteur pour les personnes en reconversion.

Une part faible d'ESS dans mon département signifie-t-elle peu d'opportunités d'emploi ? Non, et c'est un piège d'interprétation fréquent. La carte affiche une part relative, pas un volume. Un département très peuplé et marchand comme les Hauts-de-Seine (5,5 %) compte, en nombre absolu de postes ESS, bien plus d'emplois qu'un petit département rural affichant 30 %. Dans les zones urbaines denses, l'ESS est simplement « diluée » dans une masse d'emplois marchands, mais les associations, mutuelles et coopératives y recrutent activement. Pour évaluer vos chances réelles, regardez le nombre d'offres ouvertes dans votre métier, pas seulement la part départementale.

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Source : Observatoire national de l'ESS. Les pourcentages sont fournis à titre indicatif et reflètent la part des effectifs salariés relevant de l'économie sociale et solidaire dans l'emploi salarié total de chaque département.