Fonctionnement des IJSS maternité / paternité
Les indemnités journalières de Sécurité Sociale (IJSS) versées par la CPAM remplacent votre salaire pendant le congé maternité ou paternité. Leur montant ne dépend pas du nombre d'enfants ni de la durée du congé, mais uniquement de votre salaire journalier de référence (SJR), lui-même calculé sur vos 3 derniers salaires bruts mensuels précédant le début du congé. La formule est : SJR = (salaire mois N-1 + mois N-2 + mois N-3) ÷ 91,25.
Ce SJR est ensuite plafonné au plafond journalier de la Sécurité Sociale (PMSS ÷ 30,5), puis multiplié par le taux légal. L'IJSS brute correspond ainsi au SJR plafonné × 90,34 %. La CPAM prélève enfin une CSG réduite (0,5 %) et une CRDS (0,5 %) pour obtenir le montant net réellement versé, soit l'IJSS brute × 99 %. Au-delà du plafond, un salaire plus élevé n'augmente plus l'indemnité.
Chiffres-clés 2026
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Diviseur du SJR | 91,25 jours |
| Plafond journalier (PMSS ÷ 30,5) | 131,31 €/jour |
| Taux de l'IJSS | 90,34 % |
| Prélèvements (CSG + CRDS) | 1 % (0,5 % + 0,5 %) |
| PMSS de référence | 4 005 €/mois |
Exemple chiffré de congé maternité
Prenons le cas de Camille, salariée à 2 500 € brut par mois, qui attend son premier enfant et part en congé maternité de 16 semaines (112 jours).
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| SJR | 2 500 × 3 ÷ 91,25 | 82,19 €/jour |
| IJSS brute | 82,19 × 90,34 % | 74,24 €/jour |
| IJSS nette | 74,24 × 99 % | 73,50 €/jour |
| Total net sur 112 jours | 73,50 × 112 | ≈ 8 232 € |
SJRCalcul2 500 × 3 ÷ 91,25
IJSS bruteCalcul82,19 × 90,34 %
IJSS netteCalcul74,24 × 99 %
Total net sur 112 joursCalcul73,50 × 112
Le SJR de Camille (82,19 €) reste inférieur au plafond de 131,31 €/jour : son salaire est donc pris en compte intégralement. Si elle gagnait plus de 4 005 € brut/mois, son SJR serait plafonné à 128,69 € et l'IJSS nette plafonnée à environ 115 €/jour, quel que soit son salaire réel.
Conditions et durées légales
Les durées de congé sont fixées par la loi et conditionnent le nombre de jours indemnisés :
- Congé maternité 1er ou 2e enfant : 16 semaines (6 avant + 10 après l'accouchement)
- Congé maternité 3e enfant ou plus : 26 semaines (8 avant + 18 après)
- Naissance gémellaire (jumeaux) : 34 semaines (12 avant + 22 après)
- Triplés ou plus : 46 semaines (24 avant + 22 après)
- Grossesse pathologique : 2 semaines supplémentaires possibles avant l'accouchement
- Congé paternité : 28 jours calendaires (naissance simple) ou 35 jours (naissances multiples), dont 4 jours obligatoires consécutifs juste après la naissance
Côté fiscalité, les IJSS maternité et paternité sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la plupart des cas. Elles supportent uniquement la CSG réduite (0,5 %) et la CRDS (0,5 %), contrairement à un salaire classique. Le congé paternité doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance et peut être fractionné en 2 périodes au maximum.
Démarches et maintien de salaire
Pour percevoir vos IJSS dans les meilleurs délais, suivez ces étapes :
- Déclarez votre grossesse à la CPAM et à la CAF avant la fin du 3e mois (maternité).
- Transmettez l'attestation de salaire : votre employeur l'établit dès le début du congé via la DSN (déclaration sociale nominative, la déclaration mensuelle de l'employeur) ou net-entreprises.fr. C'est elle qui déclenche le calcul du SJR.
- Vérifiez vos conditions d'ouverture de droits : avoir travaillé un minimum d'heures ou justifier d'une affiliation suffisante à la Sécurité Sociale.
- Suivez vos versements sur votre compte Ameli : les IJSS sont en général payées tous les 14 jours.
Côté optimisation, vérifiez votre convention collective : de nombreuses branches prévoient un maintien de salaire par l'employeur, qui complète les IJSS pour garantir tout ou partie du net habituel. Ce complément est soumis aux cotisations sociales sur la part patronale. Pensez aussi à anticiper le délai de transmission de l'attestation (idéalement avant le 1er jour de congé) pour éviter une rupture de revenus, et à conserver vos bulletins des 3 derniers mois pour contrôler le SJR retenu par la CPAM.