📌 Pas de grande réforme en 2026Contrairement à ce que laissent entendre de nombreux titres clickbait, aucune loi réformant la pension de réversion n'a été votée en 2025 ou 2026. Ce guide détaille les évolutions réelles (plafond de ressources, simplification des démarches, impact de la réforme 2023) et les pistes de réforme débattues au Parlement.

État des lieux 2026 : qu'est-ce qui a réellement changé ?

La réforme Borne de 2023, qui a repoussé l'âge légal de départ à 64 ans, n'a pas touché aux règles de la réversion. Mais plusieurs évolutions concrètes méritent l'attention des conjoints survivants en 2026.

Revalorisation automatique des pensions

Les pensions de réversion sont revalorisées chaque année au 1er janvier, en même temps que les retraites de base. En 2026, cette revalorisation suit l'indice des prix à la consommation (hors tabac). Le montant perçu augmente donc automatiquement, sans démarche de la part du bénéficiaire.

Plafond de ressources 2026 : 24 232 €/an

Le plafond de ressources du régime général (CNAV), qui conditionne l'attribution et le montant de la réversion, s'établit à 24 232 € par an (soit environ 2 019 €/mois) pour une personne seule en 2026. Il est réévalué chaque année. Au-delà de ce seuil, la pension est réduite ou supprimée. Ce plafond ne concerne que le régime général : l'AGIRC-ARRCO n'en applique aucun.

Demande unique en ligne : une simplification majeure depuis 2023

Depuis 2023, il est possible de déposer une demande unique sur info-retraite.fr pour saisir simultanément tous les régimes de base. Fini les dossiers multiples à envoyer à chaque caisse séparément. La démarche est entièrement dématérialisée. Seule exception : l'AGIRC-ARRCO et les régimes de la fonction publique nécessitent encore une démarche séparée.

Pas de grande réforme en 2025-2026, mais des discussions actives

Plusieurs propositions de loi ont été déposées, notamment pour ouvrir la réversion aux pacsés et harmoniser les taux entre régimes. Aucune n'a abouti à ce jour. Le sujet revient régulièrement à l'agenda parlementaire, notamment lors des débats budgétaires sur les retraites.

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Les évolutions récentes qui impactent les conjoints survivants

Meilleure information des conjoints sur leurs droits

Depuis 2022, la CNAV a l'obligation d'informer les assurés et leurs conjoints sur les droits à réversion. Un relevé de situation individuelle (RIS) est accessible en ligne sur info-retraite.fr et mentionne désormais les droits potentiels du conjoint. Cette transparence facilite l'anticipation, notamment pour les couples dont l'un des membres a des carrières courtes ou morcelées.

AGIRC-ARRCO : l'avantage du « sans plafond »

Le régime complémentaire AGIRC-ARRCO verse 60 % de la pension du défunt sans condition de ressources. C'est un avantage majeur par rapport au régime général. Un conjoint survivant avec des revenus élevés peut ainsi percevoir la réversion complémentaire même si la réversion de base lui est refusée ou réduite.

L'impact de la réforme 2023 (âge à 64 ans) sur la réversion

C'est l'effet indirect le moins connu de la réforme Borne. En repoussant l'âge légal à 64 ans et en allongeant la durée de cotisation requise, la réforme augmente la probabilité qu'un assuré décède avant d'avoir liquidé sa retraite.

⚠️ Décès avant liquidation : règle importanteSi le défunt n'avait pas encore fait valoir ses droits à la retraite, la pension de réversion est calculée sur la pension théorique qu'il aurait perçue, comme s'il était parti à la retraite au moment du décès. Ce calcul peut être défavorable si le défunt avait des trimestres manquants : la décote s'applique à la pension théorique, donc à la réversion également.
  • L'allongement de la durée de cotisation (43 ans pour les générations 1965+) retarde le départ à la retraite
  • Plus d'actifs décèdent entre 60 et 64 ans sans avoir liquidé, notamment en cas de maladie grave
  • La pension théorique est recalculée sur la base des droits acquis au décès
  • Un bilan de retraite préventif avant 60 ans permet d'anticiper ce risque

Ce que demandent les associations : les pistes de réforme débattues

Plusieurs associations (UNAF, AGIRC-ARRCO alumni, associations de veufs et veuves) portent depuis des années des revendications de réforme. Voici les principales pistes débattues au Parlement, sans garantie d'aboutissement.

  1. Ouvrir la réversion aux pacsés et concubins — débat depuis 2004, toujours bloqué par les divergences politiques sur la définition du couple
  2. Harmoniser les taux — actuellement 54 % (CNAV), 60 % (AGIRC-ARRCO), 50 % (fonctionnaires) selon les régimes. Une harmonisation à 60 % est évoquée
  3. Supprimer le plafond de ressources du régime général — jugé injuste car il pénalise les conjoints survivants qui ont bien travaillé
  4. Aligner l'âge minimum — actuellement 55 ans au régime général, aucun âge minimum pour les fonctionnaires. L'objectif serait un âge unique plus bas
  5. Mieux protéger les aidants familiaux — dont les trimestres de cotisation sont souvent insuffisants pour ouvrir pleinement droit à la réversion
⚠️ PACS et union libre : toujours exclus en 2026Les partenaires pacsés et les concubins ne peuvent toujours pas percevoir de pension de réversion en 2026, tous régimes confondus. Toutes les propositions de loi ont échoué jusqu'à présent. La seule protection patrimoniale disponible reste l'assurance-vie avec bénéficiaire désigné.

Tableau récapitulatif des règles par régime (2026)

RégimeTauxÂge minimumCondition mariageCondition ressources
CNAV (régime général)54 %55 ansOui, aucune durée minimaleOui : 24 232 €/an
AGIRC-ARRCO (complémentaire)60 %55 ansOui, aucune durée minimaleNon
Fonction publique (CNRACL/SRE)50 %AucunOui : 4 ans ou enfant communNon
MSA (salariés agricoles)54 %55 ansOuiOui (mêmes règles que CNAV)
💡 Remariage et réversionAu régime général, le remariage du conjoint survivant entraîne la suspension de la réversion. En cas de nouveau veuvage ou de divorce, la réversion peut être rétablie. L'AGIRC-ARRCO est plus souple : la réversion est maintenue en cas de remariage depuis 2010.

Ce qui ne change pas : les fondamentaux à retenir

  • La condition de mariage reste obligatoire dans tous les régimes — le PACS et l'union libre n'ouvrent aucun droit
  • L'âge minimum de 55 ans s'applique au régime général et à l'AGIRC-ARRCO (sauf si le conjoint survivant est invalide)
  • Il n'existe pas de durée minimale de mariage au régime général — même un mariage de quelques mois ouvre le droit (sauf fonctionnaires : 4 ans ou enfant commun)
  • La réversion est versée à vie, sauf remariage au régime général
  • Les pensions de réversion sont soumises à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (CSG/CRDS)

Anticiper : que faire maintenant avant une éventuelle réforme ?

En attendant une hypothétique réforme, les couples peuvent prendre des décisions concrètes pour sécuriser la situation du conjoint survivant.

  1. Se marier si en union libre ou pacsé — c'est le seul moyen d'ouvrir le droit à la réversion tous régimes confondus. Le PACS peut être converti en mariage simplement
  2. Ouvrir une assurance-vie avec bénéficiaire désigné — transmission de 152 500 € par bénéficiaire hors succession, sans plafond de ressources ni condition de mariage
  3. Vérifier ses droits auprès de chaque caisse sur info-retraite.fr — le relevé de situation individuelle (RIS) indique les trimestres validés dans chaque régime
  4. Faire un bilan de retraite avant 60 ans, notamment si l'un des conjoints a des carrières courtes, des périodes de chômage ou d'expatriation
  5. Rédiger ou mettre à jour son testament en lien avec la clause bénéficiaire de l'assurance-vie pour optimiser la transmission
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