Comment les agios sont calculés
Les agios — terme courant pour désigner les intérêts débiteurs — sont les frais facturés par votre banque lorsque votre compte courant présente un solde négatif. Ils restent souvent opaques sur les relevés car ils n'apparaissent qu'a posteriori, regroupés en une seule ligne mensuelle ou trimestrielle, sans détail jour par jour. Pourtant la méthode est standardisée : la Banque de France impose la formule Agios = (capital × taux annuel × nombre de jours) / 365. Le taux appliqué est le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) inscrit dans vos conditions tarifaires.
Le calcul se fait sur le solde débiteur quotidien. Concrètement, chaque jour passé dans le rouge compte : si vous êtes à découvert de 300 € du 1er au 10, puis de 800 € du 11 au 20, la banque calcule les agios séparément sur chacune de ces deux périodes, puis les additionne. C'est ce mécanisme « au prorata des jours » qui explique qu'un découvert de quelques jours coûte peu, mais qu'un solde négatif permanent finit par peser lourd sur l'année.
Taux pratiqués en 2026 (indicatif, selon l'établissement)
| Type de découvert | Fourchette TAEG indicative |
|---|---|
| Banques traditionnelles (autorisé) | 12 % à 19 % |
| Banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, Hello Bank) | 8 % à 15 % |
| Découvert non autorisé | jusqu'au taux d'usure (~18,97 %) + commissions |
Les banques en ligne sont généralement plus avantageuses. Quel que soit l'établissement, le taux ne peut jamais dépasser le taux d'usure fixé chaque trimestre par la Banque de France.
Exemple chiffré
Prenons le cas de Camille, 29 ans, en CDI. Son compte passe à découvert de 500 € pendant 10 jours en milieu de mois, à un TAEG de 18 % négocié avec sa banque traditionnelle. En appliquant la formule officielle :
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant du découvert | 500 € |
| Durée | 10 jours |
| Taux (TAEG) | 18 % |
| Agios = (500 × 0,18 × 10) / 365 | 2,47 € |
Pour un découvert ponctuel de quelques jours, le coût reste donc modeste : moins de 3 €. Le problème surgit quand le découvert devient permanent. Si Camille reste à -500 € toute l'année à 18 %, les agios montent à (500 × 0,18 × 365) / 365 = 90 € sur douze mois — pour un simple « trou » de trésorerie jamais comblé.
Frais, plafonds et points clés
Au-delà des agios eux-mêmes, plusieurs frais et limites encadrent le découvert. Voici les chiffres officiels à connaître :
- Taux d'usure (plafond légal) : fixé trimestriellement par la Banque de France. Au 1er trimestre 2026, environ 18,97 % TAEG pour les découverts supérieurs à 6 000 €, et environ 18,97 % pour ceux inférieurs à 3 000 €. Toute banque dépassant ce plafond commet une infraction pénale d'usure.
- Commissions d'intervention : facturées pour chaque opération traitée en situation de découvert non autorisé (rejet de chèque, dépassement de virement…). Elles sont plafonnées à 8 € par opération et 80 € par mois.
- Plafonnement renforcé pour les profils fragiles : pour les clients en situation de fragilité financière, ces commissions sont ramenées à 4 € par opération et 20 € par mois.
- Découvert autorisé vs non autorisé : le découvert autorisé est une facilité de caisse négociée, avec taux et plafond contractuels. Le découvert non autorisé (dépassement ou absence d'accord) entraîne un taux plus élevé, les commissions d'intervention et d'éventuels frais de rejet.
- Fiscalité : pour un particulier, les agios sur un compte personnel ne sont pas déductibles du revenu imposable. En revanche, sur un compte professionnel (indépendant, auto-entrepreneur), ils constituent une charge déductible du résultat, à condition d'être comptabilisés et justifiés.
Garder ces seuils en tête permet de repérer immédiatement un relevé anormal et, le cas échéant, de contester des frais qui dépasseraient les plafonds réglementaires.
Réduire et négocier ses agios
Un découvert récurrent n'est pas une fatalité. Plusieurs leviers concrets permettent d'en réduire le coût :
- Renégocier le taux — si vous êtes client de longue date, un TAEG ramené autour de 15 % s'obtient souvent en agence sur simple demande. Comparez d'abord votre taux actuel à la fourchette du marché ci-dessus.
- Augmenter le plafond de découvert autorisé — passer d'un découvert non autorisé à un découvert autorisé évite le taux d'usure et surtout les commissions d'intervention, qui sont le poste de frais le plus lourd.
- Changer d'établissement — une néobanque ou une banque en ligne (Revolut, N26, Boursorama, Fortuneo) propose généralement des découverts moins coûteux ; la mobilité bancaire est gratuite et la banque d'arrivée gère le transfert des prélèvements.
- Substituer un crédit structuré — si le découvert est permanent, un prêt personnel à taux bas est plus économique qu'un découvert à 18 %. À titre indicatif, 1 000 € à 5 % TAEG sur 12 mois coûtent environ 27 € d'intérêts, contre environ 180 € d'agios pour le même montant à 18 % de découvert sur un an. Le crédit renouvelable (souvent 15-20 % TAEG) offre plus de souplesse mais reste plus cher qu'un prêt amortissable.
- Vérifier votre statut de fragilité financière — si vous y êtes éligible, le plafonnement renforcé (4 €/opération, 20 €/mois) s'applique de droit ; signalez-le à votre conseiller.
Avant toute démarche, utilisez le simulateur ci-dessus pour chiffrer précisément ce que vous coûte votre découvert actuel : c'est l'argument le plus efficace pour négocier ou décider de changer de solution.