Arrêt maladie 2026 : combien toucherez-vous vraiment ?
En 2026, les indemnités journalières de la CPAM plafonnent à 52,28 € par jour — soit environ 1 568 € par mois. Pour un salarié qui gagne plus de 3 167 € brut/mois, c'est une perte significative dès le premier jour non couvert par l'employeur. Comprendre le calcul exact de ces indemnités, et connaître les obligations de votre employeur en matière de maintien de salaire, peut faire une différence de plusieurs centaines d'euros par mois.
Marc, 38 ans, technicien supérieur dans l'industrie avec un salaire brut de 2 400 €/mois, s'est retrouvé en arrêt maladie 3 semaines suite à une opération. Voici ce qu'il a réellement perçu : après 3 jours de carence, la CPAM lui a versé 39,38 €/jour d'IJ. Son employeur, avec 6 ans d'ancienneté dans l'entreprise, était obligé de compléter jusqu'à 90 % de son salaire brut pendant 40 jours, soit 70,89 €/jour. Ce guide vous explique le calcul complet.
Calcul des indemnités journalières CPAM : méthode étape par étape
Les IJ reposent sur le salaire journalier de base (SJB), calculé comme suit : somme des salaires bruts des 3 derniers mois civils complets précédant l'arrêt, divisée par 91,25 (ou sur les 12 derniers mois divisés par 365 si plus favorable). Le montant de l'IJ = 50 % du SJB.
Calcul détaillé pour Marc (2 400 €/mois brut) :
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Salaire des 3 derniers mois | 2 400 × 3 | 7 200 € |
| Salaire journalier de base (SJB) | 7 200 ÷ 91,25 | 78,90 €/jour |
| IJ brute (50 % du SJB) | 78,90 × 50 % | 39,45 €/jour |
| Plafond applicable | 52,28 €/jour | Sous le plafond ✅ |
| IJ nette après CSG/CRDS | 39,45 − 6,7 % | ~36,80 €/jour |
Salaire des 3 derniers moisCalcul2 400 × 3
Salaire journalier de base (SJB)Calcul7 200 ÷ 91,25
IJ brute (50 % du SJB)Calcul78,90 × 50 %
Plafond applicableCalcul52,28 €/jour
IJ nette après CSG/CRDSCalcul39,45 − 6,7 %
Pour un salarié avec un brut mensuel de plus de 3 167 €, le SJB dépasse le seuil de plafonnement et l'IJ sera bloquée à 52,28 €/jour brut, soit environ 48,78 €/jour net après CSG/CRDS.
Entrez votre salaire des 3 derniers mois pour obtenir votre IJ nette quotidienne et mensuelle estimée.
La subrogation : quand l'employeur maintient votre salaire
La subrogation est le mécanisme par lequel l'employeur maintient votre salaire pendant l'arrêt et perçoit directement les IJ de la CPAM à votre place. C'est la situation la plus courante dans les grandes entreprises et celles soumises à une CCN prévoyant le maintien.
Avec la subrogation : vous continuez à percevoir votre salaire (ou un maintien partiel) sans interruption. L'employeur se fait rembourser par la CPAM. Votre fiche de paie mentionnera les IJ remboursées à l'employeur.
Sans subrogation : vous devez déclarer votre arrêt à la CPAM qui vous verse directement les IJ — avec souvent un délai de 2 à 4 semaines avant le premier versement. Un trou de trésorerie est possible.
Maintien de salaire par l'employeur : le tableau légal 2026
La loi de mensualisation de 1978 impose un maintien de salaire minimum sous conditions : au moins 1 an d'ancienneté dans l'entreprise et prise en charge par la Sécurité sociale.
| Ancienneté | Maintien à 90 % | Maintien à 66,66 % |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours suivants |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours suivants |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours suivants |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours suivants |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours suivants |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours suivants |
| 31 ans et plus | 90 jours | 90 jours suivants |
1 à 5 ansMaintien à 90 %30 jours
6 à 10 ansMaintien à 90 %40 jours
11 à 15 ansMaintien à 90 %50 jours
16 à 20 ansMaintien à 90 %60 jours
21 à 25 ansMaintien à 90 %70 jours
26 à 30 ansMaintien à 90 %80 jours
31 ans et plusMaintien à 90 %90 jours
Ces durées s'entendent en jours calendaires. Le maintien à 90 % signifie que l'employeur complète les IJ CPAM pour atteindre 90 % du salaire brut habituel. Exemple pour Marc (6 ans d'ancienneté, 2 400 € brut) :
- IJ CPAM : 39,45 €/jour
- Salaire journalier brut habituel : 2 400 ÷ 30 = 80 €/jour
- Maintien légal à 90 % : 80 × 90 % = 72 €/jour
- Complément employeur : 72 − 39,45 = 32,55 €/jour pendant 40 jours
La convention collective peut prévoir des conditions plus favorables : maintien à 100 % sur des durées plus longues dans de nombreux secteurs (banque, assurance, métallurgie). Vérifiez toujours votre CCN.
Accident du travail et maladie professionnelle : régime nettement plus favorable
En cas d'accident du travail (AT) ou de maladie professionnelle (MP), le régime est bien plus protecteur :
| Critère | Maladie ordinaire | AT/MP |
|---|---|---|
| Délai de carence | 3 jours | Aucun (dès le 1er jour) |
| Taux IJ (j1 à j28) | 50 % du SJB | 60 % du SJB |
| Taux IJ (à partir j29) | 50 % (ou 66,66 % si 3 enfants) | 80 % du SJB |
| Plafond IJ | 52,28 €/jour | 352,47 €/jour |
| Durée d'indemnisation | 360 j max sur 3 ans | Illimitée jusqu'à consolidation |
| Protection contre le licenciement | Partielle | Renforcée pendant tout l'arrêt |
Délai de carenceMaladie ordinaire3 jours
Taux IJ (j1 à j28)Maladie ordinaire50 % du SJB
Taux IJ (à partir j29)Maladie ordinaire50 % (ou 66,66 % si 3 enfants)
Plafond IJMaladie ordinaire52,28 €/jour
Durée d'indemnisationMaladie ordinaire360 j max sur 3 ans
Protection contre le licenciementMaladie ordinairePartielle
La déclaration AT doit être effectuée par l'employeur à la CPAM dans les 48 heures suivant l'accident. Si l'employeur ne le fait pas, le salarié peut lui-même déclarer l'accident dans les 2 ans.
Arrêt longue durée et ALD
Lorsqu'un arrêt dépasse 6 mois continus, la CPAM peut reconnaître une Affection de Longue Durée (ALD) pour les pathologies graves et chroniques. Cette reconnaissance ouvre des droits spécifiques : remboursement à 100 % des soins liés à l'ALD et maintien des IJ jusqu'à 3 ans (au lieu de 360 jours).
Après 6 mois d'arrêt, la plupart des CCN prévoient un maintien réduit ou la fin du maintien patronal. Le salarié bascule alors uniquement sur les IJ CPAM (plafonnées à 52,28 €/jour). Si une prévoyance d'entreprise est en place, elle prend généralement le relais à partir du 90e ou 180e jour.
Retour au travail et visite de reprise
La visite médicale de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans trois cas : arrêt de plus de 30 jours (maladie/accident non professionnel), arrêt pour AT/MP (quelle que soit la durée), et arrêts répétés pour raisons de santé. L'employeur doit l'organiser dans les 8 jours calendaires suivant la reprise.
Le médecin du travail peut émettre un avis d'aptitude, d'inaptitude, ou préconiser un aménagement de poste. Un salarié déclaré inapte peut être licencié pour inaptitude — avec des droits spécifiques selon l'origine professionnelle ou non de l'inaptitude.