Le barème kilométrique : un forfait par CV et par palier
Le barème kilométrique est publié chaque année par la DGFiP. Il sert à chiffrer le coût d'utilisation de votre véhicule personnel pour vos déplacements professionnels sans avoir à conserver toutes les factures (carburant, entretien, assurance, amortissement). Vous l'utilisez quand vous renoncez à l'abattement forfaitaire de 10 % automatiquement appliqué sur vos salaires pour déclarer vos frais réels. Pour 2026, le barème voiture est resté stable par rapport à 2025.
Le montant dépend de deux variables : la puissance fiscale de votre véhicule (de 3 CV à 7 CV et plus) et le nombre de kilomètres parcourus dans l'année à titre professionnel. Le barème n'est pas un simple « prix au kilomètre » constant : il est découpé en trois paliers, car le coût marginal d'un kilomètre baisse au fur et à mesure que l'amortissement du véhicule se lisse sur la distance. Le dispositif s'applique aussi aux indépendants en BIC (bénéfices industriels et commerciaux) au réel et aux BNC (bénéfices non commerciaux, le régime des professions libérales) (professions libérales) en frais réels.
Les 3 paliers et l'effet de la puissance fiscale
| Palier annuel | Logique du taux | Profil concerné |
|---|---|---|
| ≤ 5 000 km | Taux le plus élevé (forte part d'amortissement) | Usage occasionnel |
| 5 001 à 20 000 km | Taux réduit + montant fixe forfaitaire | Usage régulier |
| > 20 000 km | Taux intermédiaire (amortissement lissé) | Gros rouleurs |
≤ 5 000 kmLogique du tauxTaux le plus élevé (forte part d'amortissement)
5 001 à 20 000 kmLogique du tauxTaux réduit + montant fixe forfaitaire
> 20 000 kmLogique du tauxTaux intermédiaire (amortissement lissé)
Plus la puissance fiscale est élevée, plus les coefficients sont importants : un véhicule de 7 CV donne un barème supérieur d'environ 15 % à celui d'un 3 CV. Au-delà de 7 CV, le barème est plafonné — inutile de déclarer une puissance supérieure. Les véhicules 100 % électriques bénéficient en outre d'une majoration de 20 % du barème, mesure prolongée en 2026 pour encourager la transition énergétique.
Exemple chiffré : Camille, 5 CV sur 15 000 km
Camille, 34 ans, fait 15 000 km par an entre son domicile et son bureau avec une voiture de 5 CV. Elle hésite entre laisser jouer l'abattement automatique de 10 % et opter pour les frais réels. Voici la comparaison sur la base des chiffres du barème 2026.
| Scénario | Déduction du revenu imposable | Économie d'impôt (TMI 30 %) |
|---|---|---|
| Véhicule thermique 5 CV | ~6 750 € | ~2 000 € |
| Même trajet en 5 CV électrique (+20 %) | ~8 100 € | ~2 400 € |
Véhicule thermique 5 CVDéduction du revenu imposable~6 750 €
Même trajet en 5 CV électrique (+20 %)Déduction du revenu imposable~8 100 €
En thermique, Camille déduit environ 6 750 € de son revenu imposable, soit près de 2 000 € d'impôt en moins à une tranche marginale de 30 %. Si elle roule en électrique, la majoration de 20 % porte la déduction à environ 8 100 €, soit +1 350 € de déduction et près de 400 € d'économie supplémentaire. Ces montants sont indicatifs et varient selon le profil (kilométrage exact, puissance, TMI réelle).
Ce que le barème couvre — et ce qu'il ne couvre pas
Le barème est volontairement « tout compris » sur les charges courantes du véhicule. Connaître son périmètre exact évite à la fois d'oublier des déductions légitimes et de gonfler à tort le montant déclaré.
Charges déjà incluses dans le barème (ne pas ajouter en plus) :
- Carburant (essence, diesel ou électricité)
- Amortissement du véhicule
- Entretien et réparations
- Assurance
- Pneumatiques
Frais déductibles EN PLUS du barème, sur justificatifs :
- Péages d'autoroute liés aux trajets professionnels
- Parking professionnel
- Intérêts d'emprunt sur l'achat du véhicule, au prorata de l'usage professionnel
Côté arbitrage fiscal, gardez en tête les bornes officielles de l'abattement de 10 % auquel vous renoncez : plancher de 488 € et plafond de 14 426 € en 2026. Aux frais kilométriques peuvent par ailleurs s'ajouter d'autres frais réels professionnels (repas pris hors du siège, formation, vêtements spécifiques, mobilier de télétravail). Enfin, des barèmes distincts existent pour les deux-roues : le barème moto a des coefficients globalement inférieurs au barème voiture pour une puissance comparable, et les cyclomoteurs (< 50 cm³) disposent de leur propre barème à trois paliers (≤ 3 000 km, 3 001 à 6 000 km, > 6 000 km).
Déclarer et optimiser vos indemnités kilométriques
La démarche se joue au moment de la déclaration de revenus et repose surtout sur la qualité de vos justificatifs. Voici les étapes concrètes :
- Tenez un carnet de bord tout au long de l'année : pour chaque déplacement, notez la date, le motif (objet professionnel), le lieu de départ et d'arrivée, et le kilométrage.
- Conservez les preuves annexes : factures de péage, relevés GPS, invitations ou convocations professionnelles, agenda. Elles crédibilisent votre carnet en cas de question.
- Comparez avant de choisir : ne cochez l'option frais réels que si le total dépasse l'abattement de 10 % (utilisez le simulateur ci-dessus pour trancher).
- Reportez le montant total dans la case « frais réels » de votre déclaration, en remplaçant l'abattement automatique. Tenez le détail à disposition de l'administration (pas besoin de l'envoyer spontanément).
- Archivez 3 ans : c'est le délai de reprise pendant lequel l'administration peut vous réclamer vos justificatifs après la déclaration.
Pour optimiser sans prendre de risque : déclarez la puissance fiscale réelle (au-delà de 7 CV, c'est plafonné, donc inutile de surévaluer), pensez à la majoration de 20 % si votre véhicule est électrique, et n'oubliez pas les frais déductibles en plus (péages, parking, intérêts d'emprunt).