Salaire net moyen2 596 €−5 % vs France
Femmes / Hommes2 274 € / 2 846 €écart 20 %
Rang national768ᵉsur 4 933 communes

Le Havre (Seine-Maritime), grand port de la façade normande, structure son économie autour de la logistique portuaire, de l'industrie, du commerce et des services à la personne. La ville constitue l'un des principaux moteurs d'emploi de Normandie, en complément des bassins voisins de Rouen et du Pays de Caux maritime, ce qui ouvre des perspectives de mobilité aux salariés de l'agglomération. Pour se repérer, le salaire net moyen s'établit autour de 2 596 EUR par mois, une base utile pour comparer une proposition d'embauche au marché local. À l'échelle du département, le recrutement reste soutenu sur plusieurs fonctions : aides à domicile et auxiliaires de vie, aides-soignants et infirmiers et sages-femmes. Ces besoins, concentrés sur la santé et l'accompagnement, soutiennent l'emploi durable et pèsent sur les rémunérations proposées dans le secteur.

Le Havre : emploi, niveau de vie et cadre de vie

Au Havre, première ville de Normandie par la population et premier port de commerce de France métropolitaine, le salaire moyen (2 596 €) reflète un tissu économique industrialo-portuaire qui génère des emplois mais peine à retenir les ménages dans un contexte démographique dégradé.

Un salaire havrais supérieur à la région, mais éloigné du national2 596 € · rang 768/4 933

Le salaire net moyen au Havre s'établit à 2 596 €, plaçant la ville au 768e rang sur 4 933 communes françaises, devant la moyenne normande (2 387 €) et légèrement au-dessus de la moyenne seine-maritime (2 536 €). Toutefois, l'écart avec la moyenne nationale (2 733 €) reste marqué, traduisant une économie locale peu dotée en emplois à haute valeur ajoutée en dehors du port et des industries logistiques et pétrochimiques.

C'est au Havre que l'on observe l'un des écarts salariaux femmes-hommes les plus élevés de notre panel : 25,2 % entre le salaire féminin moyen (2 274 €) et masculin (2 846 €). Ce chiffre s'explique en grande partie par la sur-représentation des emplois industriels, portuaires et de transport — majoritairement masculins et bien rémunérés — face à des secteurs des services et du soin davantage féminisés et moins bien payés.

Un chômage très élevé malgré un port parmi les plus actifs d'Europe19,2 % chômage · 13,5 % cadres

Le taux de chômage havrais (19,2 %) dépasse de près de cinq points la moyenne nationale (14,5 %), paradoxe apparent pour une ville où se concentre une activité économique considérable. Ce paradoxe s'explique par la mécanisation croissante des opérations portuaires, la désindustrialisation partielle du tissu local et la faible diversification sectorielle. Le taux d'activité (70,7 %) reste correct, mais la part de cadres (13,5 %) — nettement sous la moyenne nationale (22,6 %) — confirme une économie dominée par les cols bleus et les opérateurs logistiques.

Le secteur administration, enseignement, santé, social représente 36,6 % des emplois, proportion relativement basse qui témoigne de la diversité sectorielle relative du Havre (industrie, transport, commerce portuaire viennent compléter les services publics). Avec 73,8 % des actifs travaillant dans la ville, le Havre est l'un des bassins d'emploi les plus autosuffisants de Normandie. Les 1 687 créations d'entreprises — le chiffre le plus bas de notre panel — signalent un tissu entrepreneurial peu dynamique.

Des loyers accessibles qui compensent en partie un niveau de vie inférieur à la moyenne1 873 €/mois · loyer T2 620 €

Le niveau de vie médian au Havre s'établit à 22 480 € par an (soit 1 873 € par mois), en retrait significatif par rapport à la médiane nationale (25 589 €). La répartition des revenus est marquée par une forte disparité entre les ménages liés aux secteurs industriels bien payés et une population précaire concentrée dans certains quartiers.

Du côté du logement, le loyer médian d'un appartement est de 12,4 €/m², et un T2 représente 620 € mensuels — soit 24 % du salaire net moyen, l'une des proportions les plus basses des grandes villes côtières françaises. Ce niveau de loyer constitue un réel avantage pour les actifs qui parviennent à s'insérer dans l'emploi local, offrant un reste à vivre supérieur à ce que laisseraient supposer les seuls chiffres de salaire.

Une vacance significative, signe d'une attractivité résidentielle limitée10,7 % vacance · 1,9 % résidences secondaires

Avec 10,7 % de logements vacants — l'un des taux les plus élevés parmi les grandes agglomérations normandes — Le Havre fait face à un défi structurel d'attractivité résidentielle. Ce phénomène s'explique par les départs de ménages vers la périphérie et par un parc de logements vieillissant dans certains quartiers du centre reconstruit. La part de résidences secondaires (1,9 %) est la plus faible de notre panel, ce qui confirme que la ville n'est pas une destination de villégiature, mais une ville-outil où l'on vit pour travailler.

Une population en déclin, contre-tendance dans la France des grandes villes166 687 hab · -5,0 % d'évolution

Le Havre compte 166 687 habitants pour une densité de 3 140 hab/km². Sa trajectoire démographique (-5,0 %) est la plus dégradée de notre panel : la ville perd des habitants de façon continue, tendance rare pour une préfecture de cette importance. Ce recul s'explique par l'attractivité de la périphérie (Harfleur, Montivilliers, Gonfreville) et par les difficultés économiques qui poussent certains ménages jeunes à quitter l'agglomération. Les projets de requalification urbaine et la mise en valeur du patrimoine architectural de Perret (classé à l'UNESCO) cherchent à inverser cette trajectoire.

Le Havre : une opportunité pour les actifs des secteurs industriels, un défi pour les autres

Le Havre est une ville qui récompense les professionnels du transport maritime, de la logistique, de la pétrochimie et des métiers industriels : les salaires y sont corrects, les loyers bas et le cadre de vie portuaire et balnéaire dispose d'atouts réels — plages, estuaire de la Seine, proximité de la Normandie verte. Les familles bénéficient d'équipements publics solides et d'un coût de la vie maîtrisé.

En revanche, la ville présente des fragilités évidentes pour les demandeurs d'emploi peu spécialisés (chômage nettement au-dessus de la moyenne), pour les cadres du tertiaire (faible densité d'entreprises de services à forte valeur ajoutée) et pour les investisseurs immobiliers qui doivent tenir compte d'une vacance locative supérieure à la moyenne. La décote des prix par rapport aux marchés parisiens et normands côtiers peut néanmoins intéresser les acheteurs à long terme misant sur une revalorisation progressive liée aux projets de rénovation urbaine.

Salaire par catégorie à Le Havre

Cadres
4 413 €
Prof. intermédiaires
2 673 €
Ouvriers
2 299 €
Employés
1 974 €

Rémunération nette moyenne selon la catégorie, en équivalent temps plein — INSEE 2023.

Salaire par âge à Le Havre

< 25 ans
1 913 €
25-39 ans
2 374 €
40-49 ans
2 811 €
50-54 ans
2 948 €
55 ans et +
3 016 €

Évolution du salaire net moyen avec l’âge (EQTP), INSEE 2023.

Salaires femmes-hommes : l’écart à Le Havre

CatégorieFemmesHommesÉcart
Cadres3 642 €4 900 €+26 %
Prof. intermédiaires2 445 €2 931 €+17 %
Employés1 922 €2 109 €+9 %
Ouvriers1 805 €2 378 €+24 %

Le Havre vs département, région et France

Le Havre
2 596 €
Seine-Maritime
2 536 €
Normandie
2 387 €
France
2 733 €

Les salaires dans le Seine-Maritime

Salaire net moyen par commune (Seine-Maritime) — les principales villes sont nommées.

Coût du logement à Le Havre

Pour mettre le salaire en perspective (loyer DHUP 2025, prix DVF 2025) :

Loyer moyen appartement12,4 €/m²
Loyer moyen maison11,8 €/m²
Prix de vente appartement2 172 €/m²
Prix de vente maison2 358 €/m²
Rendement locatif brut6,85 %

Sources : INSEE base Tous salariés 2023 (salaires), DHUP 2025 (loyers), DVF 2025 (prix). Repères France : salaire 2 733 €, loyer 10,45 €/m², prix 3 228 €/m².