Qu'est-ce qu'une heure supplémentaire ?

Une heure supplémentaire est toute heure de travail effectuée au-delà de la durée légale hebdomadaire fixée à 35 heures pour les salariés à temps complet soumis au droit commun. Elle est donc décomptée à partir de la 36e heure travaillée dans la semaine civile, qui débute le lundi à 0h et se termine le dimanche à minuit, sauf accord collectif prévoyant une autre période de référence.

Le recours aux heures supplémentaires relève du pouvoir de direction de l'employeur : il peut demander à un salarié d'effectuer des heures au-delà de 35 heures sans avoir besoin d'obtenir son accord préalable, sous réserve de respecter les règles sur le contingent annuel et les durées maximales de travail. En contrepartie, ces heures ouvrent droit à une majoration de salaire et, depuis la loi TEPA de 2007, à une exonération fiscale et sociale encadrée.

Sont assimilés à du temps de travail effectif pour le décompte des heures supplémentaires : les heures de délégation des représentants du personnel, les temps de formation obligatoire, ainsi que les congés payés pris pendant la semaine de référence (ils « remplissent » fictivement l'horaire contractuel).

Majorations légales : 25 % et 50 %

La loi fixe des taux de majoration minimaux qui s'appliquent en l'absence d'accord de branche ou d'entreprise plus favorable. Ces taux sont calculés sur le salaire horaire brut de base, hors primes et avantages en nature sauf si l'accord collectif en dispose autrement.

Tranche d'heuresTaux de majoration légal
36e à 43e heure incluse25 %
À partir de la 44e heure50 %

Un accord de branche étendu ou un accord d'entreprise peut fixer un taux différent, à condition que celui-ci ne soit pas inférieur à 10 %. C'est le cas dans de nombreux secteurs (commerce alimentaire, transport routier, bâtiment) où des taux spécifiques ont été négociés. Vérifiez toujours la convention collective applicable à votre emploi avant de calculer.

En pratique, une heure supplémentaire rémunérée à 25 % de majoration coûte à l'employeur 1,25 fois le taux horaire brut. Une heure à 50 % coûte 1,5 fois ce taux. Ces montants constituent une base minimale : rien n'interdit à l'employeur d'être plus généreux par accord ou usage.

Calcul concret : exemple sur un salaire de 2 500 € brut

Prenons un salarié dont le salaire mensuel brut est de 2 500 € pour 151,67 heures (base 35h/semaine sur 52 semaines / 12 mois). Son taux horaire brut de base est donc de :

2 500 € ÷ 151,67 h = 16,48 € / heure

Ce salarié effectue 3 heures supplémentaires dans la semaine (36e, 37e et 38e heure), toutes dans la tranche à 25 %. La rémunération de ces 3 heures est :

3 h × 16,48 € × 1,25 = 61,80 € bruts

Sur une année, si ce salarié effectue ces 3 heures supplémentaires toutes les semaines (soit environ 48 semaines effectives hors congés), le total annuel des heures supplémentaires s'élève à environ 144 heures, représentant environ 2 966 € bruts de rémunération supplémentaire. Grâce à l'exonération fiscale et sociale (voir section suivante), une partie importante de cette somme est nette d'impôt et de cotisations.

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Exonération fiscale et sociale : le plafond de 7 500 €

Depuis le 1er janvier 2019, dans le cadre de la loi « Pouvoir d'achat » qui a pérennisé et élargi les mesures TEPA, les heures supplémentaires et complémentaires bénéficient d'une exonération d'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond annuel de 7 500 € bruts. Ce plafond s'apprécie pour chaque salarié, indépendamment de son foyer fiscal.

En matière de cotisations sociales salariales, une réduction spécifique s'applique sur les rémunérations des heures supplémentaires, dans la limite du même plafond. Le taux de cette réduction est fixé à 11,31 % depuis 2019. Concrètement, pour chaque euro d'heure supplémentaire exonéré, le salarié bénéficie à la fois d'une économie d'impôt (selon sa tranche marginale) et d'une économie de cotisations sociales salariales.

Les heures supplémentaires restent soumises aux cotisations patronales normales. L'exonération ne porte que sur la part salariale. Au-delà du plafond de 7 500 €, les heures supplémentaires sont imposées et cotisées dans les conditions de droit commun.

Le contingent annuel d'heures supplémentaires

Le contingent annuel est la limite au-delà de laquelle l'employeur doit obtenir l'avis du comité social et économique (CSE) avant de demander des heures supplémentaires. En l'absence d'accord collectif, le contingent légal de droit commun est de 220 heures par an et par salarié.

Un accord de branche ou d'entreprise peut modifier ce contingent dans les deux sens : l'augmenter (certains secteurs comme la restauration ont un contingent de 360 heures) ou le réduire. Lorsque le contingent est dépassé avec l'accord du CSE, les heures réalisées au-delà ouvrent droit à une contrepartie obligatoire en repos (COR) de 50 % des heures accomplies au-delà du contingent pour les entreprises de 20 salariés au plus, et de 100 % pour les entreprises de plus de 20 salariés.

Il est important de distinguer le contingent annuel du maximum légal de travail : les durées maximales absolues (10h/jour, 48h/semaine, 44h en moyenne sur 12 semaines) restent applicables indépendamment du contingent et ne peuvent pas être dépassées.

Repos compensateur de remplacement vs paiement des heures

La loi prévoit la possibilité de remplacer tout ou partie du paiement des heures supplémentaires (et de leur majoration) par un repos compensateur de remplacement (RCR). Ce remplacement peut être institué par accord collectif ou, en l'absence d'accord, par décision unilatérale de l'employeur sous certaines conditions. Il doit porter sur la totalité de la rémunération majorée.

Par exemple, une heure supplémentaire à 25 % de majoration peut être remplacée par 1h15 de repos au lieu d'un paiement majoré de 25 %. Les heures placées en RCR doivent être prises dans un délai maximal de 2 mois à compter de l'ouverture du droit, sauf accord collectif prévoyant un délai différent. Le salarié doit être informé de ses droits par une mention sur le bulletin de paie ou un document annexé.

Attention : le RCR n'est pas soumis aux mêmes règles d'exonération que les heures supplémentaires payées. En effet, les heures supplémentaires remplacées par du repos ne bénéficient pas de l'exonération fiscale de 7 500 €, qui ne s'applique qu'aux rémunérations effectivement versées. C'est un point à considérer dans votre choix entre repos et paiement.

Cas particulier : cadres au forfait-jours

Les cadres soumis à une convention de forfait en jours sur l'année ne sont pas soumis à la durée légale de 35 heures hebdomadaires et ne cumulent donc pas, en principe, d'heures supplémentaires. Le dispositif du forfait-jours permet à l'employeur et au salarié de convenir que la durée du travail est décomptée non en heures mais en journées ou demi-journées.

Pour qu'un forfait-jours soit valide, il doit être prévu par un accord collectif de branche ou d'entreprise, et faire l'objet d'une convention individuelle de forfait signée par le salarié. En 2026, la durée maximale légale est de 218 jours par an (hors journée de solidarité). Des jours de RTT (réduction du temps de travail) sont octroyés pour compenser les jours travaillés au-delà de cette limite contractuelle.

En revanche, si un cadre au forfait-jours travaille plus de 218 jours avec l'accord de son employeur, les jours supplémentaires effectués constituent des jours de « dépassement » qui ouvrent droit à une rémunération majorée d'au moins 10 %. Ces jours de dépassement peuvent bénéficier de l'exonération fiscale dans la limite du plafond global de 7 500 €.

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