La structure générale d'une fiche de paie
Une fiche de paie est un document obligatoire remis par l'employeur à chaque versement de salaire. Elle doit être conservée sans limite de durée par le salarié, car elle sert de preuve pour le calcul des droits à la retraite, aux allocations chômage ou à certaines aides sociales.
Le bulletin se décompose en quatre grandes zones : l'en-tête (informations employeur et salarié), le corps (rubriques de rémunération et cotisations), le bloc net imposable et le pied (net à payer, cumuls annuels). Depuis 2017, une présentation simplifiée est obligatoire pour toutes les entreprises.
La fiche de paie doit mentionner obligatoirement : la raison sociale et l'adresse de l'employeur, le numéro SIRET, le code APE/NAF, la convention collective applicable, les noms et qualifications du salarié, la période de paie, le nombre d'heures travaillées, le salaire brut, chaque cotisation avec son taux et son assiette, le net imposable, le montant du prélèvement à la source, et le net à payer.
Salaire brut : la base de tout
Le salaire brut est le point de départ du bulletin. Il comprend le salaire de base (fixé par le contrat, calculé selon le nombre d'heures ou un forfait), auquel s'ajoutent les éléments variables : heures supplémentaires, primes (ancienneté, assiduité, 13e mois, objectifs), avantages en nature (voiture, logement, repas).
Le salaire brut ne peut pas être inférieur au SMIC horaire de 11,88 € en 2026, soit 1 801,80 € brut mensuel pour un temps plein à 35h. Les conventions collectives peuvent fixer des minimas supérieurs — c'est le cas dans de nombreux secteurs (banque, chimie, métallurgie).
Les avantages en nature sont évalués de manière forfaitaire ou réelle et intégrés dans le brut. Un véhicule de fonction représente par exemple entre 6% et 12% du coût d'achat TTC annuel selon que l'entreprise paie le carburant. La nourriture est valorisée à 5,35 € par repas en 2026.
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Simulateur Brut → NetLes cotisations salariales : ce que vous payez
Les cotisations salariales sont prélevées directement sur votre salaire brut. Elles financent la Sécurité sociale, la retraite et l'assurance chômage. Voici les principaux taux applicables en 2026 :
📌 Cotisations salariales 2026 (sur salaire brut) :
- Assurance maladie (SS) : 0,40 %
- Vieillesse plafonné (CNAV, tranche 1) : 6,90 % (sur salaire ≤ plafond SS = 3 864 €/mois)
- Vieillesse déplafonné : 0,40 %
- CSG déductible : 6,80 % (sur 98,25 % du brut)
- CSG non déductible + CRDS : 2,90 % (sur 98,25 % du brut)
- Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO tranche 1 : 3,15 %
- Retraite complémentaire tranche 2 : 8,64 %
- Assurance chômage : 0 % (supprimé depuis 2019)
- CEG (contribution d'équilibre général) : 0,86 % tranche 1, 1,08 % tranche 2
La CSG/CRDS est calculée sur une assiette de 98,25 % du brut (abattement pour frais professionnels de 1,75 %). Le total CSG + CRDS représente 9,70 % sur cette assiette. La partie non déductible de la CSG (2,40 %) et la CRDS (0,50 %) restent à votre charge sans contrepartie fiscale.
En pratique, pour un cadre avec un salaire brut de 3 500 €, le total des cotisations salariales représente environ 22 à 24 % du brut, soit un passage à un net avant impôt d'environ 2 660 à 2 730 €.
Les cotisations patronales : ce que l'employeur paie en plus
Au-delà du salaire brut, l'employeur supporte des cotisations patronales qui s'ajoutent au brut mais n'apparaissent pas dans votre "net". Ces charges représentent environ 40 à 45 % du salaire brut pour un salarié au niveau du SMIC, et autour de 35 à 40 % pour des salaires plus élevés.
Les principales cotisations patronales incluent : assurance maladie-maternité-invalidité-décès (13 %), cotisation accidents du travail (variable selon secteur, de 0,8 % à plus de 10 %), allocations familiales (5,25 % ou 3,45 % sous 3,5 SMIC), contribution au FNAL (0,10 % ou 0,50 %), retraite complémentaire patronale AGIRC-ARRCO (4,72 % T1, 12,95 % T2), et diverses contributions formation, apprentissage, etc.
Pour un salarié au SMIC, les réductions Fillon permettent à l'employeur de réduire drastiquement ses charges patronales — jusqu'à zéro pour certaines cotisations au niveau du SMIC. Cette réduction dégressive s'applique jusqu'à 1,6 SMIC et représente un coût total employeur de seulement environ 1,6 SMIC au lieu de 1,8-1,9 en l'absence de réduction.
Le prélèvement à la source (PAS) sur la fiche de paie
Depuis janvier 2019, l'impôt sur le revenu est prélevé à la source directement sur le bulletin de salaire. Le taux appliqué par l'employeur est communiqué par la DGFiP via la DSN (Déclaration Sociale Nominative). Il peut s'agir du taux personnalisé (calculé d'après votre dernière déclaration de revenus), d'un taux individualisé (pour les couples souhaitant tenir compte de la différence de revenus) ou d'un taux neutre (si vous souhaitez que l'employeur ne connaisse pas votre situation fiscale).
Le taux neutre 2026 varie de 0 % pour un net imposable mensuel jusqu'à 1 541 € à 43 % au-delà de 11 942 €. Si votre taux neutre est supérieur à votre taux réel, vous devrez rembourser la différence directement à la DGFiP. Le taux est mis à jour chaque année en septembre.
Le prélèvement est calculé sur le net imposable, c'est-à-dire le net après cotisations salariales mais avant déduction des cotisations non déductibles et en réintégrant certains avantages. Le net imposable figure expressément sur votre fiche de paie — c'est cette somme que vous reporterez dans votre déclaration de revenus.
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Simulateur heures supplémentairesDifférences entre cadre et non-cadre
Le statut cadre implique des cotisations spécifiques par rapport au statut non-cadre. La principale différence réside dans la retraite complémentaire : les cadres cotisent à l'AGIRC-ARRCO sur deux tranches (tranche 1 jusqu'au plafond SS, tranche 2 de 1 à 8 plafonds SS), tandis que les non-cadres cotisent uniquement sur la tranche 1 (ou T1/T2 selon la nomenclature unifiée post-2019).
Les cadres sont également soumis à une cotisation de prévoyance obligatoire (art. 7 de la CCN des cadres) d'au moins 1,50 % du salaire plafonné, dont 0,76 % minimum à la charge de l'employeur. Cette prévoyance couvre la garantie incapacité, invalidité et décès.
En pratique, à brut identique, un cadre dispose d'un net légèrement inférieur à un non-cadre en raison de ces cotisations supplémentaires — mais bénéficie en contrepartie d'une meilleure couverture prévoyance et d'une retraite complémentaire potentiellement plus élevée.
Lire le cumul annuel brut et le net imposable
En bas de votre fiche de paie figurent les cumuls annuels : cumul brut, cumul net imposable, cumul des cotisations. Ces informations sont essentielles pour votre déclaration d'impôts. Le net imposable cumulé au 31 décembre correspond exactement à la somme à reporter dans votre déclaration de revenus (case 1AJ ou 1BJ selon le conjoint).
Si votre employeur a pratiqué un prélèvement à la source, le montant total prélevé figure également sur votre dernier bulletin de l'année. Il doit correspondre à ce que la DGFiP a enregistré. En cas de régularisation (différence entre ce qui a été prélevé et votre impôt réel), le solde sera soit remboursé soit réclamé lors du traitement de votre déclaration, entre juillet et septembre.