Conditions d'éligibilité à l'ARE

L'Aide au Retour à l'Emploi (ARE) est l'allocation chômage versée par France Travail (anciennement Pôle Emploi) aux demandeurs d'emploi involontairement privés de leur travail. Pour y avoir droit, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies.

Condition de travail : vous devez justifier d'au moins 6 mois de travail salarié (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois précédant la fin de votre contrat de travail. Pour les personnes de 53 ans et plus au moment de la rupture du contrat, la période de référence est portée à 36 mois, ce qui permet de prendre en compte davantage de périodes d'emploi antérieures.

Condition de rupture involontaire : la perte d'emploi doit être involontaire. Les situations ouvrant droit à l'ARE sont notamment : le licenciement (pour motif personnel ou économique), la rupture conventionnelle, la fin de CDD, la démission légitime (dans certains cas strictement encadrés : suivi du conjoint muté, non-paiement du salaire, changement de résidence pour reprise d'études…), et la rupture de contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.

Autres conditions : vous devez être physiquement apte au travail, rechercher activement un emploi, être inscrit à France Travail dans un délai de 12 mois après la fin du contrat de travail (le point de départ du délai de déchéance), ne pas avoir atteint l'âge légal de la retraite avec taux plein, et résider en France métropolitaine ou dans les DOM.

Calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR)

Le Salaire Journalier de Référence (SJR) est la base de calcul de votre ARE. Il est calculé à partir de l'ensemble des salaires bruts perçus au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les plus de 53 ans) précédant la fin du contrat, divisé par le nombre de jours réellement travaillés (jours calendaires de la période, déduction faite des jours non travaillés sans rémunération).

SJR = Somme des salaires bruts de la période de référence ÷ (Durée totale de la période en jours − Jours non travaillés et non rémunérés)

La période de référence est calculée en remontant à partir de la dernière fin de contrat. Seules les rémunérations ayant donné lieu à cotisations à l'assurance chômage sont prises en compte. Les indemnités de rupture (indemnité de licenciement, indemnité de rupture conventionnelle) sont exclues du calcul. Les primes et gratifications perçues pendant la période de référence sont incluses dans les salaires de référence, à l'exception de certains éléments exceptionnels.

Exemple de calcul : un salarié a perçu 48 000 € de salaires bruts sur 24 mois, avec 700 jours effectivement travaillés et rémunérés sur cette période. Son SJR est de : 48 000 ÷ 700 = 68,57 €.

Montant de l'ARE : formule de calcul 2026

Le montant journalier de l'ARE est calculé selon la formule la plus avantageuse entre deux modes de calcul, dans le respect d'un plancher et d'un plafond :

Mode de calculFormule
Calcul 1 (partie proportionnelle)57 % × SJR
Calcul 2 (partie fixe + proportionnelle)40,4 % × SJR + 13,10 €

L'allocation retenue est le plus élevé des deux montants. Le plancher minimum de l'ARE est de 31,97 € par jour en 2026 (révisé chaque année au 1er juillet). Le plafond maximum est fixé à 75 % du SJR. L'ARE est versée pour chaque jour de chômage (7 jours par semaine, y compris les week-ends).

Reprenons notre exemple avec un SJR de 68,57 € :

  • Calcul 1 : 57 % × 68,57 = 39,08 €/jour
  • Calcul 2 : 40,4 % × 68,57 + 13,10 = 27,70 + 13,10 = 40,80 €/jour

L'ARE retenue est de 40,80 €/jour. Sur un mois de 30 jours, cela représente 40,80 × 30 = 1 224 € nets par mois (l'ARE est nette de cotisations sociales mais soumise à l'impôt sur le revenu selon votre situation). Le plafond de 75 % du SJR donnerait 51,43 €/jour, non atteint ici. Le plancher de 31,97 €/jour est dépassé.

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Durée d'indemnisation

La durée d'indemnisation est égale à la durée d'affiliation (nombre de jours travaillés pris en compte dans la période de référence), avec un minimum et un maximum selon l'âge :

SituationDurée minimaleDurée maximale
Moins de 53 ans6 mois (182 jours)24 mois (730 jours)
53 à 54 ans6 mois (182 jours)30 mois (913 jours)
55 ans et plus6 mois (182 jours)36 mois (1 095 jours)

Ces durées ont été modifiées par plusieurs réformes successives. La réforme de 2023 avait instauré un mécanisme de modulation de la durée en fonction de la conjoncture (règle du 75 % de contraction de la durée en période de bas chômage), mais cette modulation a été suspendue et partiellement recalculée en 2024-2025. En 2026, appliquez les durées maximales ci-dessus sous réserve des dernières instructions de France Travail publiées sur son site officiel.

Les cadres et salariés à hauts salaires peuvent voir leur allocation réduite au bout de 8 mois d'indemnisation : depuis la réforme de 2021, l'allocation est réduite de 30 % après 8 mois (244 jours) d'indemnisation pour les demandeurs d'emploi percevant une ARE dont le montant journalier dépasse 92,96 €/jour. Cette dégressivité ne s'applique pas aux personnes de 57 ans et plus.

Différés d'indemnisation : carence et attente

Après la fin de votre contrat de travail, le versement de l'ARE ne démarre pas immédiatement. Plusieurs délais et différés s'appliquent successivement :

Délai de carence fixe de 7 jours : il court systématiquement à partir du lendemain de la fin du contrat ou de la date d'inscription à France Travail (la plus tardive des deux). Ces 7 jours ne sont jamais indemnisés.

Différé d'indemnisation lié aux congés payés non pris : si vous percevez une indemnité compensatrice de congés payés lors de votre départ, un différé s'applique, calculé en divisant le montant de l'indemnité de congés payés par le SJR. Ce différé est plafonné à 30 jours en cas de licenciement et n'est pas plafonné en cas de démission ou rupture conventionnelle.

Différé spécifique lié aux indemnités supra-légales : si vous percevez des indemnités supérieures aux minima légaux (indemnité de rupture conventionnelle majorée, chèque de départ, prime d'ancienneté, etc.), un différé supplémentaire est calculé. La fraction des indemnités dépassant le minimum légal est divisée par 97,70 € (le montant journalier de référence au 01/07/2025) pour déterminer la durée du différé, dans la limite de 150 jours (environ 5 mois).

En cumulant tous ces délais, un cadre bénéficiant d'une indemnité de rupture conventionnelle significative peut attendre plusieurs mois avant de percevoir sa première allocation. Anticipez cette période sans revenu dans votre plan de trésorerie.

Rechargement des droits et activité partielle

Le rechargement des droits permet d'augmenter la durée d'indemnisation si vous avez retravaillé pendant votre période de chômage. Pour déclencher un rechargement, vous devez avoir travaillé au moins 88 heures (soit environ un mois) depuis l'ouverture ou le dernier rechargement de vos droits. Chaque mois travaillé pendant la période d'indemnisation génère un mois supplémentaire de droits rechargés.

Si vous exercez une activité salariée partielle pendant votre chômage (travail à temps partiel, missions d'intérim, CDD de courte durée), l'ARE peut être cumulée avec ce salaire sous conditions. Le cumul est possible tant que la somme ARE + salaire ne dépasse pas l'ancien salaire brut de référence. La formule de calcul est : ARE versée = ARE théorique × (1 − 70 % du salaire mensuel brut repris ÷ Salaire mensuel brut de référence). Les jours travaillés dans le mois ne réduisent pas la durée d'indemnisation, ils la prolongent d'autant.

L'activité non salariée (micro-entreprise, activité libérale) est traitée différemment. Si vous créez ou reprenez une entreprise pendant votre indemnisation chômage, vous pouvez bénéficier de l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise), qui consiste à percevoir un capital égal à 60 % du reliquat des droits ARE en deux versements, au lieu de continuer à toucher des allocations mensuelles.

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Fin de droits et allocations de solidarité

Lorsque vos droits à l'ARE sont épuisés, plusieurs dispositifs de solidarité peuvent prendre le relais selon votre situation :

Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) : destinée aux demandeurs d'emploi ayant épuisé leurs droits à l'ARE et justifiant d'au moins 5 ans de travail salarié au cours des 10 années précédant la fin du dernier contrat. Le montant est de 18,17 € par jour en 2026 (soit environ 545 € par mois), sous condition de ressources (plafond de 1 274,88 € par mois pour une personne seule, 2 004,96 € pour un couple). L'ASS est versée par France Travail.

Revenu de Solidarité Active (RSA) : pour les personnes dont les ressources sont inférieures au seuil du RSA et qui ne remplissent pas les conditions de l'ASS. Le RSA est versé par la CAF ou la MSA. En 2026, le montant du RSA socle est d'environ 607 € par mois pour une personne seule. Il est cumulable pendant une période limitée avec une reprise d'activité.

Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) : depuis 2019, les travailleurs indépendants dont l'entreprise fait l'objet d'une liquidation judiciaire peuvent percevoir l'ATI, à condition d'avoir dégagé un revenu d'au moins 10 000 € par an pendant 2 ans. Le montant est de 26,30 € par jour en 2026 (soit environ 800 € par mois) pendant 6 mois maximum. Cette allocation est gérée par France Travail.